18 mars 2016
Les amateurs ont le droit de huer
Par: Denis Bélanger
Bon ou mauvais perdant?

Bon ou mauvais perdant?

Je trouve toujours curieux, pour ne pas dire déplacé, quand des chroniqueurs ou animateurs reprochent à des amateurs de sports d’avoir hué des athlètes. Ils sont parfaitement dans leur droit de le faire, car ils expriment leur opinion. N’oublions pas que notre système démocratique nous donne droit à la liberté d’expression. C’est cette même liberté qui donne droit à ces chroniqueurs ou animateurs de pouvoir exercer leur métier.

Évidemment, cette liberté d’expression doit se faire dans le respect, au même titre que toutes opinions prononcées. Quand le spectacle offert sur le terrain ou sur la patinoire est lamentable, le client-payeur a le droit de dire qu’il est insatisfait ou qu’il désapprouve quelqu’un. Huer fait même partie du folklore du sport. Si plusieurs sont d’accord avec le fait de huer l’adversaire venant de l’étranger durant le match- je me souviens entre autres d’Éric Lindros recevant des cris chaque fois qu’il touchait la rondelle, d’autres s’émoustillent quand les locaux sont hués par leurs propres partisans.

Il est vrai qu’il peut y avoir de l’acharnement, le bel exemple est celui de Patrice Brisebois. Je n’aime pas non plus quand on conspue certains boxeurs locaux comme Adonis Stevenson ou Jean Pascal, mais ils donnent de la matière à réagir aux partisans. Certains ont hué David Lemieux samedi, ce boxeur qui ne s’est finalement pas battu parce qu’il n’a pas réussi à faire le poids. Un célèbre chroniqueur sportif qui écrit des téléséries a été sévère envers ces personnes. Dans le cas échéant, les gens avaient le droit d’exprimer leur déception envers Lemieux, et ce, sous forme de huée.

Quand José Théodore et Patrice Brisebois sont revenus au Centre Bell en octobre 2006 dans l’uniforme de l’Avalanche du Colorado, ils se sont fait huer. Un animateur de RDS a traité d’imbéciles ces partisans. Hey, chef, c’était l’équipe adverse, et durant la partie. Ça fait partie du jeu que les fans huent l’adversaire pour les déconcentrer. Quand Brière s’est fait huer à sa première visite à Montréal dans l’uniforme des Flyers, certains membres des médias étaient offusqués. Hey l’ami, Brière ne portait pas à cette époque le chandail du Canadien. Et les fans montréalais savent se montrer respectueux. En 2009, quand Brodeur a battu le record de victoire de Patrick Roy, au Centre Bell, le public l’a applaudi. Évidemment, il y a des huées qui peuvent parfois être de trop. En fin de match, il peut être déplacé de huer l’adversaire, il faut reconnaître son talent.

 

 

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