6 août 2020
Les 1001 embûches du domaine Vinéterra de Mont-Saint-Hilaire
Par: Denis Bélanger

René Carl-Martin et Isabelle Beauchemin ont une production annuelle qui s’élève présentement à 15 000 bouteilles. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Le 20 juillet marquait l’ouverture officielle du vignoble Vinéterra de Mont-Saint-Hilaire. Les propriétaires René-Carl Martin et Isabelle Beauchemin n’avaient pas l’énergie nécessaire pour célébrer l’événement la veille. Ils étaient restés debout jusqu’au petit matin pour compléter les préparatifs. Une anecdote parmi tant d’autres qui illustre la charge de travail qu’ils ont dû assumer ces derniers mois en raison de la COVID-19.

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Possédant plusieurs autres terres agricoles dans la région, le couple avait acheté le terrain de la rue Pion en bordure de l’autoroute 20 il y a environ 10 ans et avait planté les vignes de raisins de vin en 2016. La construction du chai, bâtiment de transformation du vin, a commencé l’automne dernier et les travaux devaient être terminés à la fin mars. Mais la pandémie, les mesures de confinement et les fermetures des frontières ont complètement bousillé l’échéancier. D’ailleurs, au moment de l’ouverture, quelques petits travaux étaient toujours à compléter. M. Martin et Mme Beauchemin attendent aussi encore plus de fournitures, n’ayant reçu qu’une chaise et pas encore de tables, pour ne nommer que ces items. « Les gens sont compréhensifs de la situation », souligne tout de même Isabelle Beauchemin.

« Les chaises pour l’intérieur, ça ne changerait pas grand-chose vu le contexte du virus, mais ça serait bien apprécié pour ceux qui voudraient profiter de la vue dehors, ajoute René-Carl Martin. Pour les dégustations, au lieu de tables, nous avons installé des tables sur des barils de vins et les visiteurs trouvent ça charmant. »

Bouchées triples

Le couple ainsi que leur fille Éliane Martin, qui est également partenaire dans l’entreprise, ont passé leur temps de confinement au vignoble. Ne pouvant compter sur des travailleurs guatémaltèques et ayant de la difficulté à recruter de la main-d’œuvre québécoise, ils ont dû effectuer le boulot eux-mêmes. « Nous avons dû faire la taille nous-mêmes. Heureusement, nous avons eu de l’aide de la famille pour effectuer les travaux dans les champs », raconte M. Martin.

Les défis logistiques étaient aussi présents pour compléter le bâtiment. « Nous étions en train de peinturer quand nous avons appris que les chantiers de construction fermaient [ce printemps]. Nous avons dû trouver entre autres de nouvelles lumières, car les autres étaient en rupture de stock. Quand les chantiers ont rouvert, les entrepreneurs ont priorisé d’autres projets », renchérit Mme Beauchemin.

Cette dernière vivait beaucoup de stress dans les semaines qui ont précédé l’ouverture au public alors que les dégustations n’étaient pas permises. Interdiction qui a évidemment été levée. « C’est un très gros pourcentage des ventes qui sont réalisées à la suite de dégustation. Ça nous faisait peur un peu. Nous ouvrons un vignoble, nous ne sommes pas connus et ne pouvions pas faire des dégustations. Je me disais que c’était une année difficile pour démarrer un projet de cette envergure. »

La sècheresse hâtive s’est ajoutée aux autres obstacles. « Nos plants étaient en train de cuire dans les champs, même si nous les arrosions. Mon père, qui est agriculteur et âgé de 75 ans, n’avait jamais vu d’aussi hautes températures tôt en saison comme ça », fait remarquer Mme Beauchemin.

Regard vers l’avenir

Les propriétaires du domaine maintiennent le cap pour faire croître leur entreprise et ont des projets en tête pour l’an prochain. Ils ont aussi l’intention d’organiser des vendanges cet automne où le public pourra ramasser des raisins des vignes. De plus, ils notent un engouement pour leurs produits.

« Grâce à la COVID-19, les gens se sont ouverts à goûter des produits locaux. Nous avons un bel emplacement. Les gens adorent la vue sur la montagne. Oui, l’autoroute est dans le décor, mais peu de gens la voient quand ils admirent le paysage. Nous sommes aussi bien situés, soit à la sortie que les gens prennent pour aller faire la route des vins de Rougemont. »

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