2 octobre 2019
Élections fédérales | Belœil-Chambly
L’environnement au cœur des enjeux locaux
Par: Denis Bélanger

Le débat était animé par Sarah-Eve Charland, journaliste à L’Oeil Régional. Dans l’ordre, Matthew Dubé, Chloé Bernard, Véronique Laprise, Marie-Chantal Hamel et Pierre Carrier. Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

L’environnement a occupé une place importante lors du débat des candidats de Beloeil-Chambly organisé lundi à Mont-Saint-Hilaire par les deux chambres de commerce de la circonscription. Ce thème brulant dans l’actualité des derniers jours a même été au cœur des priorités régionales établies par chacun des cinq aspirants députés.

Le député sortant du Nouveau Parti démocratique, Matthew Dubé, a parlé de l’importance de réduire la vitesse sur la rivière Richelieu et il a rappelé ses démarches faites dans le cadre du dossier de la tour Telus. Il a aussi parlé de la nécessité de maintenir le financement de la réserve de biosphère du Mont-Saint-Hilaire et de bonifier son territoire de protection.

Marie-Chantal Hamel, du Parti libéral du Canada, a mis l’accent local sur la tour Telus à Otterburn Park. Elle reconnaît ne pas avoir tous les éléments en main en tant que candidate, mais elle assure vouloir s’informer sur le dossier dès le lendemain de l’élection. Elle veut vraiment voir quelle option s’offre avant que les tribunaux tranchent. Elle a rappelé qu’un permis avait été délivré.

Véronique Laprise, du Parti conservateur du Canada, milite aussi en faveur d’un contrôle plus accru de la navigation sur le Richelieu, laquelle aurait des effets négatifs sur les riverains. Pour ce qui est de la tour Telus, elle trouve aberrant que les citoyens n’aient pas été écoutés et que le dossier repose entre les mains des tribunaux et risque ainsi de donner carte blanche à d’autre projet du genre au pays.

Pierre Carrier, du Parti vert du Canada, a énuméré une série d’enjeux, en plus de ceux de la rivière et de la tour Telus. Il souhaite une réduction de l’utilisation des pesticides, plus d’options écologiques de transport intercité et l’amélioration du réseau cyclable pour ainsi mieux assurer la protection du patrimoine.

Et puis, Chloé Bernard, du Parti populaire du Canada, a aussi parlé de l’importance d’assainir les eaux du Richelieu. Elle veut aussi aider les agriculteurs à se sortir de la gestion de l’offre et ainsi favoriser l’exportation de leurs produits. Elle ne s’est toutefois pas prononcée sur Telus, n’ayant pas tous les éléments en main.

Deux heures pour parler aux électeurs
Outre les priorités régionales, les cinq candidats ont aussi discuté des visions et engagements de leur parti sur les thèmes du développement social, de l’économie et de l’environnement. Avant le mot de fermeture, les aspirants députés ont eu l’opportunité de répondre à des questions posées spécifiquement à chaque candidat par les gens du public.

Matthew Dubé est beaucoup revenu durant la soirée sur les dossiers et les gains qu’il a faits depuis huit ans comme député. Il a aussi souvent attaqué sur des points qu’il tenait à éclaircir. Marie-Chantal Hamel a rappelé les réalisations du gouvernement de Justin Trudeau. Véronique Laprise a spécifié le fait que la circonscription avait souffert depuis des années d’avoir un député ne faisant pas partie du pouvoir. Pierre Carrier a répété que son parti était le champion de l’environnement. Puis, Chloé Bernard a insisté beaucoup sur le fait d’alléger le fardeau fiscal des citoyens.

Avant le début du débat, la directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie Vallée-du-Richelieu (CCIVR) a rappelé les autres candidats en lice dans la circonscription et ainsi invité le public à s’informer sur leurs propositions. D’ailleurs, le dernier candidat à avoir annoncé sa candidature, Michel Blondin, chef du Parti pour l’indépendance du Québec, était présent dans le public.

Moments glissants
Pierre Carrier a été le seul participant à ne pas avoir été attaqué vraiment par les autres candidats ni à recevoir de questions délicates du public. Matthew Dubé a été amené par un citoyen à indiquer qu’il n’avait pas l’intention de s’ingérer dans le dossier du projet de loi du Québec sur la laïcité, même si son chef Jagmeet Singh n’entendait pas interdire le port de signes religieux. C’est d’ailleurs la seule occasion à laquelle le député sortant a mentionné le nom du leader de sa formation politique.

Véronique Laprise s’est fait de son côté ramener sous le nez par une personne du public la position ambiguë de son chef Andrew Scheer sur l’avortement quelques semaines avant le lancement de la campagne. Elle a répondu que le dossier était clos, que c’était une distraction lancée par les libéraux et précisé qu’elle ne soutiendrait jamais un projet limitant le droit à l’avortement.

Pour sa part, Marie-Chantal Hamel a porté le fardeau de devoir défendre le bilan du dernier gouvernement libéral. Elle a dû se défendre sur le fait que le gouvernement fédéral n’avait pas encore taxé des géants comme Netflix. Elle a rappelé qu’il y a eu une analyse poussée du dossier et que ces entreprises finiraient par être taxées.

Chloé Bernard a suscité l’indignation et des huées de plusieurs personnes quand elle a rapporté que 500 personnes, qu’elle a présentées comme des scientifiques, avaient envoyé une lettre à l’ONU pour avancer qu’il n’y avait pas d’urgence climatique.

Yves-François Blanchet absent du débat

Le chef du Bloc québécois et candidat dans Beloeil-Chambly, Yves-François Blanchet, brillait par son absence lundi au débat télévisé organisé par les chambres de commerce et d’industrie de la Vallée-du-Richelieu et du bassin de Chambly. Seuls les candidats du Parti vert et du Parti populaire ont attaqué le candidat absent.

La nouvelle est tombée le matin même du débat. Les organisateurs de M. Blanchet ont évoqué des raisons logistiques impromptues et hors de son contrôle. En effet, il se trouvait le lundi sur la Côte-Nord. Les organisateurs du débat avaient modifié la date pour pouvoir accommoder le chef bloquiste et s’assurer de sa présence. Il est à noter qu’Yves-François Blanchet a participé la semaine dernière à un débat dans les studios d’une télévision communautaire.

Deux petites flèches directes
La candidate du Parti populaire, Chloé Bernard, a ainsi été invitée à la discussion en remplacement de M. Blanchet. D’emblée, elle a critiqué l’absence du chef bloquiste estimant qu’il tenait le vote pour acquis. Pour sa part, le vert Pierre Carrier « s’est adressé à la chaise vide » pour dénoncer l’appui d’Yves-François Blanchet aux projets de gaz de schistes sur l’île d’Anticosti et la cimenterie de Port-Daniel alors qu’il siégeait comme ministre à l’Assemblée nationale.

Après le débat, L’Oeil Régional a demandé aux trois autres participants pourquoi ils n’avaient pas profité de la tribune pour attaquer le grand absent. Le néodémocrate et député sortant, Matthew Dubé, a dit qu’il n’imposait pas de test à quelqu’un qui veut adopter la circonscription pour la représenter comme élu. « Mais les électeurs, eux, imposent un test, et ça passe par les débats, surtout ceux ouverts au public. »

La libérale Marie-Chantal Hamel a déclaré que l’absence d’Yves-François Blanchet parlait d’elle-même. « Ce n’est pas la première fois que ça arrive. On lui en avait parlé l’autre fois, qu’on ne le voyait jamais dans le comté, ça avait eu l’air de le choquer. »

La conservatrice Véronique Laprise a aussi regretté son absence, car elle aurait souhaité lui poser des questions.

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