9 octobre 2019
L’entre-deux
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Nos élus souhaitent une mise en commun de l’offre de loisirs et de sports dans les différentes municipalités de la région. Après la police, les pompiers, la gestion de l’eau, les déchets et les animaux, les sports et les loisirs semblent être la prochaine étape naturelle. Que ce soit par la création d’une régie ou par un transfert de responsabilité à la MRC de la Vallée-du-Richelieu, comme c’est le cas avec les déchets, la régionalisation de tous les services municipaux est une tendance lourde.

Pourquoi pas une fusion, rendu là? Je vais laisser les défenseurs de cette idée en faire la promotion, ce n’est pas le point aujourd’hui.
On nous promet donc une fin de la guerre de clochers, ni plus ni moins. Pourtant, dans cet effacement des frontières municipales, la carte Accès Belœil sonne comme une solution protectionniste aux problèmes de dépense de la Ville.
Car c’est bien l’enjeu ici : les frais d’entretien et d’infrastructure augmentent et, à défaut de refiler la facture à ses résidents, la Ville de Belœil préfère l’envoyer dans la cour des utilisateurs des villes voisines. Encore, ça se défend; les résidents de Belœil payent ces services avec leurs taxes.
Mais s’il est normal d’exiger à un résident d’une autre municipalité qu’il paye plus cher pour utiliser la piscine ou la bibliothèque (et même bien accepté, j’ose dire), c’est surtout la nécessité de cette carte pour fréquenter les différents clubs et organismes souvent à vocation régionale qui ne fait pas consensus.
Un club de soccer pour aînés qui veut offrir ses services aux joueurs retraités de la région est-il plus belœillois parce que son lieu de rencontre est ici? Il semble que oui, selon la Ville.
Car l’expérience montre que, depuis l’instauration d’une carte d’accès obligatoire pour s’inscrire dans les organismes, les taux d’inscription semblent chuter. Car ça touche directement des familles ou encore des retraités dont les revenus ne fluctuent pas toujours aussi rapidement que le reste des dépenses. Alors, si on doit ajouter 75 $ (coût de la carte) au coût de l’inscription, il est raisonnable de penser que ça devient trop cher pour certains. On imagine à peine pour une famille qui voudrait inscrire ses deux ou trois enfants.
Mais bon, les Municipalités n’ont qu’à rembourser leurs résidents, dira Belœil. Oui, pourquoi pas? Sans même tenir compte de la fluctuation des taxes foncières d’une municipalité à l’autre, l’argument se tient.
En gros, tout ce débat de la carte d’accès se résume en une phrase : « Je peux comprendre, mais en même temps… »
Le changement se défend; le statu quo aussi, d’une certaine façon, mais plus difficilement. Donc, poussons vers le changement. Et ce changement prendra probablement la forme d’une régionalisation des loisirs, des sports et de la gestion des infrastructures qui en découle.
Ma question est donc la suivante. Pourquoi maintenant? Pourquoi ne pas attendre la régionalisation avant d’instaurer une carte unilatérale qui ne plaît pas aux organismes? Pourquoi cette zone, où ce n’est pas comme dans les dernières décennies, mais pas encore tout à fait comme on l’envisage?
Pourquoi un entre-deux?

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