22 avril 2016
Leitao: pas question d’acheter un bloc d’actions de Couche-Tard
Par: L'Oeil Régional

FINANCEMENT. L’achat d’un important bloc d’actions d’Alimentation Couche-Tard pour s’assurer que la multinationale demeure sous contrôle québécois ne figure pas dans les plans du gouvernement Couillard.

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, a estimé jeudi qu’il ne revenait pas à l’État d’investir massivement dans des entreprises.

«Nous ne sommes pas dans un régime de capitalisme d’État, a-t-il dit au cours d’une mêlée de presse dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Nous ne sommes pas dans un régime soviétique.»

M. Leitao aimerait mieux faire appel à Investissement Québec (IQ), qui pourrait servir de «catalyseur» afin de mettre sur pied un «groupe d’actionnaires» capable de détenir un «certain pourcentage» de la multinationale.

«Ce n’est pas IQ qui va dépenser tous ces milliards, a-t-il assuré. On peut attirer d’autres investisseurs privés québécois pour créer un bloc de contrôle. C’est l’objectif.»

Sa collègue à l’Économie, Dominique Anglade, a abondé dans le même sens, affirmant qu’il ne fallait pas envoyer le message que «le Québec était prêt à nationaliser» toutes ses entreprises.

Investissement Québec, qui ne détient pas d’actions de Couche-Tard, a déjà fait part de son intention d’approcher l’entreprise, à un moment qui n’a toutefois pas encore été précisé.

Le ministre des Finances a ainsi rejeté la suggestion du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, d’octroyer «plusieurs milliards de dollars» à cette société d’État par l’entremise du Fonds des générations pour intervenir.

D’après M. Legault, il manque entre six et huit pour cent d’appuis aux dirigeants de Couche-Tard afin d’obtenir le seuil de 66,6% nécessaire au prolongement du statut des actions multivotantes.

Autrement, ces titres à 10 votes par action cesseront d’exister une fois que le dernier des quatre fondateurs de la société, Jacques D’Amours, fêtera son 65e anniversaire, en décembre 2021.

Si les actionnaires refusent de changer leur fusil d’épaule, le président du conseil exécutif et actionnaire de contrôle, Alain Bouchard, pourrait envisager une vente de l’entreprise, a-t-il laissé entendre en entrevue à La Presse.

M. Bouchard, qui détient 38,94% de ces actions de catégorie A, estime que des actionnaires torontois de l’entreprise sont en grande partie responsables de ce blocage.

Selon le chef caquiste, IQ pourrait également demander à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui détient 26,9 millions d’actions de catégorie B, ou 6,42%, d’augmenter sa participation dans l’entreprise établie à Laval.

La Presse Canadienne

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