6 décembre 2017
Lee Villeneuve; de portier à cascadeur sur les plateaux hollywoodiens
Par: Denis Bélanger
Lee Villeneuve

Lee Villeneuve

Lee Villeneuve en plein tournage de X-Men: Apocalypse.

Lee Villeneuve en plein tournage de X-Men: Apocalypse.

Avec Keanu Reeves

Avec Keanu Reeves

Avec Guillaume Lemay-Thivierge pour le tournage de Nitro: Rush

Avec Guillaume Lemay-Thivierge pour le tournage de Nitro: Rush

Il est costaud, a du cran et a le profil d’un vilain garçon. Ces trois attributs permettent à l’Hilairemontais Lee Villeneuve de rouler sa bosse dans l’univers du cinéma et de la télévision à titre de cascadeur.
La filmographie de l’homme de 39 est assez reluisante. Il a offert ses services pour plusieurs films de la série des X-Men, incluant X-Men: Dark Phoenix (dont une partie du tournage a eu lieu cet été à McMasterville), ainsi que John Wick 2, White House Down et Lance et Compte: Le film, pour n’en nommer que quelques un.

«Mon job, c’est de me faire tuer par d’autres à l’écran», raconte celui qui a déjà travaillé dans le domaine du génie mécanique. «C’est vraiment le fun, c’est comme jouer aux cowboys et aux indiens quand on était petit. Ça prend toutefois des couilles de devoir tourner une scène devant tant gens qui travaillent sur le tournage.»
Le métier de cascadeur n’effraie pas M. Villeneuve, un habitué des «choses dangereuses». Il a tourné une scène dans un hélicoptère, exécuté des tonneaux dans un autobus qui s’écrase, reçu des cocktails Molotov et a même été propulsé dans un mur à 50 km/h, à l’aide d’un harnais.
Il n’entend pas relâcher la pédale, même à la suite de la mort d’un cascadeur cet été sur le tournage de Deadpool 2.«C’est sûr que c’est un métier dangereux; si tu n’es pas prêt à le faire, faut que tu le dises et que tu te tournes vers autre chose, renchérit-il. Ça n’inquiète pas ma famille; ma femme est habituée.»
Lee Villeneuve assure qu’il faut être également en bonne condition physique pour faire le métier de cascadeur. Le principal intéressé s’entraîne tous les jours. M. Villeneuve est un ancien champion du monde en jiu-jitsu, donne des cours au Complexe BTT de Saint-Mathieu-de-Beloeil et entraine aussi des combattants d’arts martiaux mixtes.

De portier à cascadeur
Lee Villeneuve pratique le métier depuis environ une dizaine d’années. Avant, il était portier dans les bars. C’est grâce à l’émission Minuit, le Soir, diffusée dans les années 2000 sur Radio-Canada, sur l’univers des portiers, que M. Villeneuve a été introduit au monde du cinéma et de la télévision.
«Claude Legault (comédien dans la série) est venu voir comment fonctionnait le métier. On avait aussi demandé d’amener d’autres personnes pour faire de la figuration et j’y avais été. Le coordonnateur de cascades avait demandé à mon chef portier comment amener un gars au sol. Il a dit d’aller me voir, car je suis bon là-dedans. Par la suite, le coordonnateur m’a demandé si je voulais devenir cascadeur; j’ai dit oui.» Il a fait ses débuts dans le métier dans la série ontarienne Durham County.
Le cascadeur veut travailler encore plusieurs années et il aimerait avoir de plus gros rôles devant la caméra. «J’aimerais faire des crashs d’auto, ce que les plus vieux font.»
Après avoir commencé à fréquenter les plateaux de tournage, Lee Villeneuve a continué pendant un certain temps à exercer le métier de portier dans les bars. Il a fini par se retirer de ce milieu, las de gérer des «chicanes de garderie». Il s’est toutefois replongé dernièrement dans cet univers pour la réalisation du livre Colosses. Publié par Sid Lee Collective, cet ouvrage raconte la carrière de neuf portiers, dont celle de M. Villeneuve. Le champion d’art martiaux mixtes Georges St-Pierre en signe aussi la préface, ayant occupé lui aussi ce boulot hors de l’ordinaire. Le bouquin a été lancé le 16 novembre dernier.

image