12 juin 2019
L’école au Cœur-des-Monts déborde
Par: Sarah-Eve Charland

L’école au Cœur-des-Monts a été inaugurée en grande pompe à l’automne 2012. Photothèque | L’Œil Régional ©

Alors qu’elle a ouvert ses portes à l’automne 2012, l’école au Cœur-des-Monts est déjà pleine depuis deux ans. La Commission scolaire des Patriotes (CSP) devra même déplacer une cinquantaine d’élèves vers d’autres écoles à la prochaine rentrée scolaire.

En 2017-2018, les 24 locaux de l’école étaient occupés. Pour l’année en cours, la CSP a enregistré une hausse de 75 inscriptions. Elle a dû convertir en classe des locaux utilisés pour d’autres fonctions, comme les locaux de musique et d’informatique. On retrouve donc actuellement 27 locaux, tous occupés. Pour l’année prochaine, la CSP constate une augmentation de 52 élèves. Il y aura donc des transferts vers d’autres écoles primaires.

« Il faut savoir que c’est la même commission scolaire. On a un fonctionnement semblable. On s’assure que ce transfert se fasse le plus harmonieusement possible. Il y a des visites organisées dans la nouvelle école. Ça peut être déstabilisant, mais les enfants s’adaptent rapidement. Mais effectivement, cela fait un changement dans la routine familiale quand on change d’endroit », reconnaît la présidente de la CSP, Hélène Roberge.

Une hausse constante des élèves

En 2012-2013, l’école accueillait 284 élèves, ce qui correspondait à un peu plus de la moitié de la capacité des locaux. Moins de cinq ans après l’ouverture de l’école, la CSP voit son plan de répartition devenir désuet. L’organisation explique qu’elle a fait des demandes pour la construction de cette école pendant plusieurs années avant d’avoir l’autorisation. Les plans de cette école ont été élaborés selon les données d’enfants du secteur de 2010-2011.

« Quand on l’a ouverte et qu’on a fait le plan de répartition qui s’applique encore aujourd’hui, on a tenu compte qu’il y avait des projets en construction immobilière. On n’a jamais l’assurance qu’il va y avoir des enfants, ni combien il va y en avoir, parce qu’on ne sait pas quel genre de familles va s’installer dans le secteur. Les enfants à venir, le ministère ne les a pas dans leurs données. On doit justifier nos demandes à partir d’enfants existants », mentionne la présidente.

Le relationniste du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Bryan St-Louis, reconnaît qu’il est difficile de tout prévoir lorsqu’on développe ce genre de projet.

« Les projets sont développés en fonction des prévisions d’effectif. La commission scolaire, quand elle nous présente un projet de construction d’école, nous donne des chiffres qui illustrent de quelle façon elle croit que l’école sera occupée. Ce sont des prévisions. Il y a toujours un côté qu’on ne peut pas prévoir. Parfois, ça arrive qu’un développement démographique dans un secteur excède les prévisions qui ont été faites. À ce moment-là, c’est à la commission scolaire de se réajuster », souligne-t-il.

Les projets sont choisis selon le principe « si la tendance se maintient », ajoute M. St-Louis. C’est-à-dire que le ministère projette dans l’avenir les tendances observées lors des dernières années. Pour ce faire, les prévisions prennent compte des entrées en maternelle et les taux de passage. Cette dernière donnée comprend entre autres les développements domiciliaires et les flux migratoires.

Un plan de répartition à revoir

La CSP a formé un comité qui révisera le plan de répartition pour l’année 2020-2021. Elle estime connaître une autre augmentation d’élèves ce qui l’obligera à transférer des élèves vers les autres écoles de Belœil, McMasterville et Saint-Mathieu-de-Belœil. Les écoles Saint-Mathieu, Jolivent, Le Petit-Bonheur, Le Tournesol, La Farandole et au Cœur-des-Monts seront analysées.

« Il y a de la place pour tous les élèves. Ce n’est pas inquiétant. On a l’obligation de réviser le plan de répartition pour équilibrer les écoles [en ce moment] », ajoute Mme Roberge.
Le plan de répartition devrait être prêt en février 2020, au moment des inscriptions. La période de consultation commencera le 23 septembre. Une soirée d’information se tiendra le 7 octobre. Le 28 octobre, la CSP accueillera les parents concernés à une audience publique.

Pas de demande d’agrandissement

Il n’y a donc pas de demande d’agrandissement ou de construction d’école sur la table présentement. Afin de justifier de telles demandes, la commission scolaire doit faire face à un manque d’au moins 125 places dans un rayon de 20 km.

« Tant qu’il y a de la place ailleurs, pour le ministère, il n’y aura pas d’agrandissement ou de nouvelles écoles. Comme contribuable, on peut comprendre ça. Si on construit à chaque fois une école, mais que dans deux ans elle n’est pas occupée, ça coûte cher pour rien. […] On voit que dans le secteur ça augmente au cours des deux ou trois prochaines années. Après, ça commence à diminuer. Le ministère, avant de nous donner des sommes, doit s’assurer que le besoin tient dans le temps », poursuit Mme Roberge.

Elle ajoute que les écoles du secteur ont encore suffisamment d’espace pour accueillir les élèves du secteur au moins jusqu’en 2023-2024. « Ces chiffres-là évoluent. Avec l’arrivée des nouvelles maisons, on réajuste. […] Soyez assurés qu’on suit de près ces chiffres-là pour s’assurer qu’il y aura de la place pour tous les élèves. »

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