28 juin 2018
L’Éco-randonnée ou rouler dans la vraie vie
Par: Marc Bouchard

Dans quelques jours ou quelques semaines, si ce n’est déjà fait, vous prendrez la route des vacances. Mais vous regardez avec une certaine anxiété le yoyo du prix de l’essence et la cote de consommation de votre véhicule et vous calculez un budget supplémentaire pour le carburant. Saviez-vous cependant que, si vous étiez un peu vigilant, ce budget pourrait être moins élevé que prévu.

C’est un peu ce que l’Éco-randonnée de l’Association des journalistes automobiles du Canada (AJAC) tente de prouver. La 7e édition, qui se tenait au Nouveau-Brunswick, réunissait 19 voitures, et autant de journalistes, et tentait de démontrer qu’il était possible, dans la vraie vie, d’obtenir des cotes de consommation intéressantes, sans pour autant conduire comme si vous remorquiez la planète tout entière.

Les voitures

Précisons d’abord que l’Éco-randonnée n’est pas qu’une réunion de voitures électriques. En fait, l’événement sert à démontrer l’aspect réaliste de tous les types de motorisation quand arrive le moment de calculer la cote de consommation.

Au menu de mes quelques jours d’Éco-randonnée : des véhicules hybrides branchables comme la Kia Optima PHEV, la familiale Chrysler Pacifica hybride, l’hybride traditionnelle Toyota Camry, la très moderne voiture à hydrogène Honda Clarity, la Mercedes-Benz GLCe et la classique Mazda CX3 et son système SkyActiv.

Un éventail de technologie donc, qui a permis de réaliser des économies de carburant bien inférieures à ce que le fabricant annonce, même en faisant les touristes dans la province voisine du Nouveau-Brunswick.

L’Éco-randonnée

Traditionnellement, l’Éco-randonnée est un moyen de découvrir la consommation réelle des véhicules et de parcourir certains des lieux les plus écologiquement sensibles. Mais cette fois, c’est vers le tourisme que s’est tournée l’Éco-randonnée, parcourant les routes de la province du Nouveau-Brunswick.

Cette tournée marque ainsi la fin d’un cycle puisque la première édition avait été tenue sur la côte ouest du pays. Avec la présence dans les Maritimes, cela permet à l’événement d’avoir complété son tour du Canada… et aux journalistes présents (dont votre humble serviteur) de se gaver de homard. Après tout, la saison s’y prête particulièrement bien!

Les résultats

Pas question de me lancer dans une compétition avec mes collègues quant à la consommation des voitures. Au contraire, mon intention était de me comporter en automobiliste responsable et de m’assurer que la consommation de mon véhicule était la plus basse possible. Même si, je l’admets, pour y parvenir, j’ai modifié un peu ma façon de conduire, demeurant de quelques kilomètres à l’heure sous les limites permises et freinant avec beaucoup, beaucoup de délicatesse. Le résultat en valait-il la peine? À vous d’en juger!

Moncton-Snider Moutain

De la plus grande ville au ranch de Snider Mountain (où j’ai fait la preuve que je n’avais aucun talent en tir à l’arc), j’ai conduit la Kia Optima PHEV, une grande berline confortable. Avec son autonomie électrique d’une trentaine de kilomètres, j’ai maintenu une moyenne de 3,6 litres aux 100 km, alors que la cote annoncée est de 4,24. Et personne ne m’a klaxonné parce que j’étais trop lent!

Snider Mountain-Fredericton

Un peu d’autoroute, des routes de campagne et pas mal de ville ont permis de modérer ma Toyota Camry hybride à 4,6 litres aux 100 km (contre les 5,1 annoncés).

Fredericton-St-John

Oubliez l’électrification, cette fois c’est à la technologie SkyActiv de Mazda que j’ai fait appel pour le Mazda CX-3. Il a fallu, je l’admets, que je me raisonne, mais j’ai pu maintenir une moyenne de 6,8 litres aux 100 km, le plus bas total de la randonnée avec ce véhicule, contre les 8,2 annoncés.

St-John-St-Andrews

La Baie de Fundy dans toute sa splendeur m’a vu réussir une belle performance au volant du Mercedes-Benz GLCe : seulement 5,0 litres aux 100 km, soit 2,3 litres sous la moyenne annoncée. Tout cela en profitant du paysage… et des pâtisseries maison offertes sur le chemin!

St-Andrew-New River Beach

C’est la pire de mes performances. Au volant de la Chrysler Pacifica hybride, j’ai dépassé la moyenne annoncée de 5,5 litres aux 100 km, en me tenant à plus de 7,5 litres. Mais, à ma décharge, je dois préciser que toute prétention électrique était écartée, la batterie étant totalement à 0 % quand j’ai pris le volant.

New River Beach-Fredericton

Dernier segment, mais qui ne compte pas vraiment puisque je l’ai fait au volant de la Honda Clarity à hydrogène. Ma consommation : inconnue puisqu’elle n’était pas comptabilisée. En revanche, je dois dire que la voiture est aussi agréable que ses sœurs électriques!

Je n’ai pas gagné le chandail vert du plus écolo des conducteurs. Mais ma moyenne est largement inférieure à celle annoncée par les manufacturiers, sans grands efforts. Alors, pour les prochaines vacances, planifiez vos parcours, prenez votre temps et vous verrez peut-être que votre budget essence sera beaucoup plus bas que vous ne le pensiez!

Merci à l’AJAC et à Tourisme Nouveau-Brunswick pour un accueil spectaculaire.

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