26 avril 2018
Le sourire
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

C’est un peu sans surprise que le député sortant Simon Jolin-Barrette a annoncé vendredi sa volonté de briguer un second mandat aux prochaines élections provinciales.

En conférence de presse, il sourit en annonçant ses intentions et en soulignant ses réalisations. Honnêtement, je le soupçonne de se retenir de rire.
Je veux dire, oui, on peut parler de son bilan. J’y reviendrai. Mais octobre va se pointer rapidement et Simon Jolin-Barrette n’a devant lui personne pour le contrecarrer. Pour le moment, je précise.
Oui, la politique bascule rapidement. Mais Simon Jolin-Barrette se présente pour la Coalition Avenir Québec, une formation politique qui a le vent dans les voiles. Il y a quatre ans, personne ne le connaissait et il a délogé le Parti québécois dans l’un de ses bastions, alors représenté par l’ancien journaliste et ministre sortant Pierre Duchesne.
Quatre plus tard, la CAQ est encore plus forte et plus présente dans le paysage médiatique et les candidats vedettes commencent à vouloir s’associer au parti de François Legault.
Dans la circonscription de Borduas, c’est presque ridicule à quel point le député Jolin-Barrette a le chemin libre. Son principal adversaire, disons historique, est le PQ. Ce qu’on apprend cette semaine, c’est que non seulement le PQ n’a pas encore de candidat prêt pour le combat, mais que les deux candidats à l’investiture ne font pas l’unanimité (page 12). Pendant que l’une reçoit l’appui de la députée Catherine Fournier, l’autre reçoit l’appui de la base. Le tout, devant le public, dans nos pages. Une claque pour l’unité.
Je ne parle même pas du Parti libéral du Québec et de Québec solidaire. C’est à peine si la circonscription existe sur leur site web. Nous attendons encore les noms.
L’avantage du député caquiste n’est pas seulement son manque d’opposition, ça serait du cynisme de ma part. Non, il faut reconnaître que le jeune député s’est investi. Dans la région, j’entends surtout de bons mots. Et à l’intérieur de son parti, il s’est vu confier d’importants dossiers, allant de l’environnement à la justice. L’épineux dossier du cannabis, c’est lui.
Son seul faux pas, et encore, c’est la fameuse semaine de travail de 60 heures. Son faux pas n’est pas d’avoir parlé du sujet dans son livre J’ai confiance. Non, j’ai déjà donné mon avis ici et je persiste à dire que cette phrase a été citée hors contexte. Son erreur aura été de ne pas réagir plus tôt pour éteindre le feu.
On s’entend qu’on est loin d’un drame qui peut miner une campagne électorale!
Son seul problème, je dirais, c’est son manque de notoriété. Les sondages auprès des Québécois montrent que son visage n’est pas connu. Un sondage Léger publié cette semaine dans les pages du Journal de Montréal indique que 74 % des Québécois ne le connaissent pas. Mais bon, avec l’effet CAQ, je crois que ça ne lui nuira pas.
Alors, les militants du PQ, il serait peut-être bon d’enclencher un peu la machine si on veut une vraie campagne électorale. Quoique sinon, ma job va juste être plus facile!

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