20 septembre 2017
Le salissage électoral
Par: Vincent Guilbault

C’est bien technique, mais essentiellement, la MRC de la Vallée-du-Richelieu exige de Mont-Saint-Hilaire qu’elle adopte un plan d’urbanisme durable (PUD). Une des choses qui achoppent dans ce plan, c’est l’augmentation de la densité résidentielle. On veut plus de monde à l’hectare dans le Grand Montréal et ce virage est irréversible.

L’Association des citoyens de Mont-Saint-Hilaire (ACMSH) craint une hausse de la densité et une défiguration du paysage, particulièrement dans la zone A-16, le secteur sur le flanc sud de la montagne.

Mais voilà, certains des terrains appartiennent à des promoteurs et, comme c’est dans leur nature, ils veulent construire.

La discussion ne peut qu’être envenimée. D’abord, les élus, avec Yves Corriveau en tête, doivent adopter ces règlements; ce n’est pas une option, c’est une obligation. Personnellement, et je me trompe peut-être, mais j’ai quand même senti une certaine ouverture des élus en place devant les citoyens inquiets, dont les membres de l’ACMSH. On a mis sur pied un comité mixte d’élus et de citoyens pour surveiller la zone A-16 tout au long du processus de l’adoption du PUD. La Ville tente aussi de soustraire la zone A-16 à une certaine densification en lui conférant un statut d’usage agricole (ne pas lire ici zéro développement).

En signant le registre lundi, plusieurs opposants espéraient indirectement bloquer le développement sur A-16. C’est… incomplet comme information. Encore aujourd’hui, même si les règlements sont adoptés, la Ville peut toujours soustraire la zone A-16 en raison d’un plan particulier d’urbanisme. Oui, je sais, c’est mêlant.

Et même si on avait bloqué l’adoption des règlements, la Ville aurait dû reproposer quelque chose de semblable. Et, selon Yves Corriveau, la MRC aurait fini par se lasser et par s’en mêler en raison de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, loi qui permet à une MRC d’adopter le plan à la place d’une ville.

Tout n’est pas joué pour A-16, mais je comprends la nervosité, même si le maire se dit surtout en faveur de la protection de cette zone. Avec l’adoption des règlements, nous avons deux groupes qui disent sensiblement le contraire sur les mêmes points techniques.

Et en plus, ce sont les élections. Ce dossier était complexe et émotif. Maintenant, il est complètement sali.

D’abord, c’est un peu la faute de la Ville. Omettre par erreur une journée de signature de registre dans un avis public, à quelques jours de sa tenue, c’était très malheureux. Autant que le maire Yves Corriveau qui aurait dû se garder une petite réserve avant d’inciter les résidents à ne pas signer le registre. Je comprends qu’il défende son point, mais s’opposer, c’est encore démocratique en 2017.

Toutefois, le nouveau parti politique Vision citoyenne, dont on sait encore peu de choses, si ce n’est qu’il est composé de deux candidats (le candidat à la mairie Luc-André Matte et au poste de conseiller municipal, Jean-Pierre Bessette), débute bien mal sa campagne. Utiliser sa page Facebook pour traiter le maire de marionnette et s’en prendre individuellement à chacun des élus en place, c’est petit. L’équipe est en complète réaction, sans nécessairement apporter de solutions à un problème complexe. J’ai hâte d’entendre leurs idées, mais j’espère que ce sera dans le respect.

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