31 octobre 2019
Le Richelieu : une richesse inestimable abandonnée à elle-même
Par: L'Oeil Régional

La rivière Richelieu alimente en eau potable quelque 42 municipalités pour un total de près de 250 000 personnes.

Aujourd’hui, la situation du Richelieu nous désespère, et en particulier cette bien grande indifférence d’une population qui semble considérer comme marginale son importance et presque inévitable son déclin.
En fait, nous identifions trois principales menaces : les surverses d’eau usée dans la rivière, la toxicité en provenance des exploitations agricoles et la navigation irresponsable par les utilisateurs. Attardons nous seulement aux surverses.
En 2018 seulement, on a dénombré 2654 surverses. Les eaux usées de nos usines, commerces et domiciles se retrouvent dans des connecteurs d’égout et sont dirigées soit vers des usines de décantation, soit vers des étangs aérés gérés par nos municipalités. Ces installations ont pour but de décanter ces résidus et de disposer des boues qui en résultent. Ces stations de pompage des eaux usées ne suffisent pas à la tâche en certaines périodes de pluie, de fonte des neiges ou pour toute autre raison. Et la situation s’aggrave avec les nombreux développements immobiliers alors que les infrastructures n’ont déjà pas la capacité de bien traiter les déchets actuels.
Il survient donc des périodes où les 27 réseaux d’égout qui jalonnent le Richelieu (comprenant 377 ouvrages ou stations) déversent leur trop-plein directement dans la rivière. En 2018, 252 de ces ouvrages ont débordé, soit 67 %.
Les résultats de ces déversements nauséabonds dans la rivière restent bien méconnus puisque les usines de filtration chargées de la qualité de notre eau potable ne détectent qu’en partie les nombreuses composantes chimiques et pharmaceutiques qui s’y retrouvent.
Certes, concernant l’eau que nous buvons, les autorités nous rassurent que les procédés de filtration utilisés (chloration, ozonisation, charbon, etc.) contribuent à sa qualité et à sa non-toxicité.
Mais on doit néanmoins s’inquiéter du caractère toxique aggravant des eaux de la rivière, pour sa faune et sa flore, mais aussi pour ses effets sur la qualité à long terme de notre eau quotidienne. Si la source se tarit, les mesures pour nous abreuver devront être de plus en plus sévères.
Lors des dernières élections provinciales, les candidats de la région – aujourd’hui ministres – Simon Jolin-Barrette et Jean-François Roberge ont promis haut et fort de s’attaquer à ces déficiences d’infrastructures municipales. Ce serait là un premier pas pour permettre à notre rivière de cesser sa détérioration. Le temps des promesses est déjà révolu.
Si l’élimination des surverses est un enjeu important pour l’avenir et la survie de notre rivière, il faut également se préoccuper des autres facteurs énumérés plus haut (pesticides, navigation responsable), ce à quoi l’Association des riverains et amis du Richelieu se promet d’y voir!

Pierre-Paul Gareau
L’Association des riverains et amis du Richelieu

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