13 novembre 2020
Débordements d’eaux usées
Le réseau d’égout ne peut supporter 2500 nouvelles habitations
Par: Sarah-Eve Charland

Le nombre de débordements d’eaux usées dans la rivière Richelieu a atteint 610 dans la région en 2019. Photothèque | L’Œil Régional ©

Des unités d’habitation verront le jour par centaines un peu partout dans la région, autant à Belœil qu’à Mont-Saint-Hilaire et à Otterburn Park. Les infrastructures actuelles ne suffisent pas pour traiter les eaux usées de la région. La Fondation Rivières n’imagine même pas les impacts que les nouveaux développements entraîneront sur la rivière Richelieu.

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En répertoriant les annonces des développements résidentiels de la région, on estime que 2433 unités seront construites au cours des prochaines années à Belœil, Otterburn Park et Mont-Saint-Hilaire. Sans compter le projet controversé de 300 unités d’habitation, tributaire d’un changement de zonage, sur le terrain de golf.

« En ce moment, il y a déjà des débordements d’eaux usées en temps de pluie dans les quatre municipalités. C’est certain que, si on ajoute des constructions, ça va déborder davantage quand il y aura une pluie. C’est inévitable », s’inquiète le président de la Fondation Rivières, Alain Saladzius.

L’organisation a publié une carte interactive sur son site internet où elle répertorie le nombre, la durée et l’intensité des déversements par système d’assainissement. Selon cette carte, le système qui regroupe Belœil, Mont-Saint-Hilaire, Otterburn Park et McMasterville a causé 610 surverses en 2019, un nombre considéré « très élevé ».

Toutefois, même si le nombre de surverses semble stable depuis 2012, les durées des surverses diminuent. En 2019, les eaux ont débordé dans la rivière pendant 272 heures. L’année précédente, le nombre d’heures atteignait le double. Selon M. Saladzius, il s’agit tout de même d’un bon signe, mais il espère que le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques exige davantage.

Les villes doivent obtenir l’autorisation du Ministère pour prolonger des réseaux de traitement des eaux usées. Le Ministère autorise les prolongements à condition que les villes produisent un plan de gestion de débordement des eaux usées dans un délai de trois ans qui sera suivi d’un délai de cinq ans pour le mettre en application.

« Le Ministère donne jusqu’à huit ans, maximum, à la Municipalité pour apporter les correctifs. C’est quelque chose qui n’a pas de sens et pour laquelle on s’oppose. Ce qu’on demande, c’est qu’il n’y ait pas de prolongement du réseau tant que les infrastructures ne sont pas suffisantes. La position du Ministère, c’est qu’il ne veut pas que les débordements augmentent, alors que nous, on dit que les débordements doivent être réduits. Il ne devrait pas y avoir de nouvelles constructions tant que les infrastructures n’ont pas la capacité suffisante. La situation n’est pas acceptable », dénonce-t-il.

Plans en cours

Belœil a complété son Plan de gestion de débordements. La Ville planifie des correctifs en fonction des ensembles résidentiels connus en octobre 2019. Ces correctifs visent à stabiliser le nombre de surverses sans viser à les réduire.

Mont-Saint-Hilaire et Otterburn Park ont mandaté, conjointement, la firme professionnelle en ingénierie Tetra Tech, le 19 octobre, pour la réalisation du Plan de gestion des débordements.

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