19 septembre 2018
Une consultation animée
Le projet sur Saint-Georges continue d’inquiéter
Par: Denis Bélanger

La salle de réunion du Pavillon Jordi-Bonnet était remplie à craquer. Photos: Martin Lacasse

Annie Pepin, directrice des opérations chez les Marchés Pepin.

La soirée de consultation tenue le 12 septembre a apporté plusieurs précisions sur le projet immobilier de la rue Saint-Georges à Mont-Saint-Hilaire piloté par le promoteur Odacité. Les explications fournies n’ont pas atténué les craintes de plusieurs citoyens réfractaires à l’initiative qui accueillerait le Marché Pepin IGA, présentement situé sur la 116.

Le projet mixte sera concentré dans un seul bâtiment qui sera construit en forme de L de façon à diminuer l’impact visuel de l’édifice des différents points de vue dans le secteur. Selon les esquisses présentées, la vue sur la montagne à partir de la 116, à l’entrée de la ville, serait conservée. L’épicerie aurait une superficie de 37 500 pieds carrés. S’ajouteront aussi 4000 pi2 pour loger d’autres commerces et un bistrot avec terrasse d’un maximum de 3000 pi2. Tous les commerces seront situés au rez-de-chaussée. Rappelons que s’ajouteront sur les autres étages environ 75 logements locatifs, mais ce nombre n’est pas final. Constituée de 4 étages et aussi d’un toit vert qui sera utilisé par les locataires, la nouvelle construction aura une hauteur de 16,9 mètres. À titre de comparatif, l’architecte d’Odacité a fait remarquer que les Résidences du quartier ont une hauteur de 16,8 mètres.

Du côté du stationnement, 74 cases de stationnement seront aménagées près de l’épicerie, ce qui, selon l’architecte, est inférieur à ce type de commerce qui peut en compter jusqu’à 200. Il y aura aussi 34 autres espaces de stationnement en partage pour les usagers de tout le secteur. Le projet inclut aussi 170 cases souterraines. Ajoutons que les travaux entraîneront une restructuration du terrain abritant L’Eau Vive et Le Pain dans les Voiles. Son stationnement sera restructuré plus vers l’arrière, mais il perdra des cases situées en façade.

L’architecte retenu par le promoteur a conçu les plans de façon à limiter aussi l’effet de la circulation des camions de marchandise du IGA. La directrice des opérations des Marchés Pepin, Annie Pepin, a pour sa part indiqué que l’exploitation de son épicerie nécessitait 180 livraisons par semaine le jour seulement, dont 72 par camions lourds.

Le projet entraînerait également un élargissement de 30 % de la rue en y ajoutant des voies piétonnières et cyclables. La Ville de Mont-Saint-Hilaire veut également y incorporer beaucoup d’éléments d’art public.
Une représentante de la firme Cima+ a également présenté quelques données d’une étude de circulation toujours en cours. Selon des données de 2014, le débit journalier sur le boulevard Sir-Wilfrid-Laurier est de plus de 20 000 voitures. Un comptage préliminaire a notamment révélé que le projet amènerait 234 véhicules de plus par jour de midi à minuit à l’intersection de la rue Saint-Georges et de la 116.

 

On a tenu à mentionner que ce flux de véhicules aurait le loisir d’emprunter la rue du Centre-Civique qui devrait déboucher sur Saint-Georges. Il a de plus été expliqué que ces 234 véhicules n’auraient pas d’effet sur la problématique de circulation que l’on retrouve à l’intersection de Fortier. À la suite de la consultation, Odacité a demandé à la firme d’aller recueillir des données sur Fortier jusqu’à la hauteur de Campbell. Les données complètes de l’étude seront dévoilées ultérieurement.

Des citoyens pas convaincus
Plus de 300 personnes se sont présentés à l’assemblée publique tenue au pavillon Jordi-Bonet. Le projet suscite des craintes et du mécontentement chez certains citoyens. On reprochait notamment à la Municipalité de ne pas respecter son propre plan d’urbanisme durable (PUD) qui prévoyait des commerces d’une superficie maximale de 2500 mètres carrés alors que l’épicerie en aura 3483,864 m². Le directeur du service de l’aménagement du territoire et de l’environnement de Mont-Saint-Hilaire, Bernard Morel, a indiqué qu’une grande surface, dans les normes de la municipalité et de la MRC de la Vallée-du-Richelieu, occupait une superficie de 5000 m² et plus et doit longer la 116 selon les normes d’aménagement. Le bâtiment au total du projet par Odacité est situé en dessous du 5000 m2. M. Morel a aussi expliqué qu’une épicerie est considérée comme un commerce de proximité.

Le déménagement du IGA fait aussi craindre l’arrivée à Mont-Saint-Hilaire d’un troisième joueur dans le domaine de l’alimentation à l’endroit laissé vacant par les Marchés Pepin. M. Morel a indiqué que les propriétaires du centre commercial, le bras immobilier de l’entreprise qui exploite la bannière Maxi et Provigo, ignoraient pour l’instant son orientation dans le choix d’un nouveau locataire. Selon Bernard Morel, qui a discuté avec un représentant de la société de portefeuille, la présence à Mont-Saint-Hilaire de deux épiciers indépendants et présents dans leur milieu rendent difficile la tâche d’être compétitif pour une nouvelle épicerie corporative.

Il a de plus été suggéré à plusieurs reprises d’aménager le IGA ailleurs dans la municipalité. Bernard Morel a écarté quelques options en soulignant les objectifs du PUD et les principes d’urbanisme qui sont de conserver les commerces dans le secteur du centre-ville. Il a même été suggéré d’utiliser le bâtiment sur la 116 laissé vacant par la compagnie Telus. Le président d’Odacité Steve Richard a indiqué que c’était trop petit et M. Morel a ajouté qu’en tant qu’urbaniste, il ne recommanderait pas cet endroit.

Plusieurs autres rencontres sont prévues dans le cadre du projet d’aménagement du centre-ville. Il y aura une conférence-débat de l’organisme Vivre en ville le 24 septembre et une Assemblée publique de consultation au plus tard en novembre, laquelle surviendra après l’adoption en octobre des projets de règlements reliés au projet.

image