11 octobre 2017
Le PQ à la reconquête de Borduas
Par: Karine Guillet

L’Œil Régional a profité du passage de Jean-François Lisée pour le sonder sur plusieurs enjeux. Photo : Vincent Guilbault

Le Parti Québéois (PQ) veut reconquérir Borduas. Le chef du Parti, Jean-François Lisée, y était d’ailleurs de passage la semaine dernière afin de rencontrer les militants de la région, déjà en mode préélectoral.

Château fort péquiste depuis sa création aux élections de 1992, Borduas est tombée aux mains de la Coalition Avenir Québec (CAQ) en 2014, lorsque Simon Jolin-Barrette l’a emporté sur Pierre Duschesne avec 99 voix. Trois ans plus tard, le chef explique en partie cette défaite par le fait que beaucoup d’électeurs péquistes n’ont pas voté. Dans la circonscription, le taux de participation a été de 77%, alors qu’il atteignait 84% deux ans plus tôt. Il croit aussi que le PQ aurait gagné à clarifier ses positions, notamment en matière de souveraineté (qu’il prévoit au cours d’un second mandat) et d’environnement.

Le PQ avait d’ailleurs habitué la région à des candidats-vedettes, comme Jean-Pierre Charbonneau, Pierre Curzi ou l’ex-ministre Pierre Duchesne. M. Lisée confirme que la recherche d’un candidat est déjà commencée, mais il ne saurait pas dire si le PQ allait renouer avec ses habitudes dans la circonscription, ou si le candidat retenu proviendrait de la région. Il a toutefois soutenu que les candidatures sont nombreuses. «L’important, c’est d’avoir quelqu’un qui est fort, qui représente bien les valeurs de Borduas. C’était le cas de Pierre Curzi et de Pierre Duchesne.»

Densité

Les efforts de densification exigés par la Communauté métropolitaine de Montréal causent des frictions un peu partout dans la région. À Mont-Saint-Hilaire, les citoyens sont nombreux à avoir levé la main pour empêcher le développement de condominiums dans la zone A-16 alors que l’atteinte des seuils de densification force Otterburn Park à revoir continuellement le développement des Quatre Terres. Jean-François Lisée se dit favorable à la densification urbaine en zone blanche. «À partir du moment où, pour toutes sortes de raisons, on ne veut pas dézoner, perdre nos espaces verts, il faut densifier. Ça nous demande plus d’efforts de créativité et d’imagination.»

Solutions pour le transport public

Dans la foulée de la création du Réseau électrique métropolitain, Belœil, McMasterville et Saint-Mathieu-de-Belœil avaient réclamé l’automne dernier la création d’une voie réservée sur l’autoroute 20. M. Lisée estime que le gouvernement aurait déjà dû commencer à étudier la faisabilité d’une nouvelle voie sur les autoroutes 20 et 30. «Il faut regarder ces hypothèses. Est-ce qu’on peut utiliser l’asphalte disponible ou les accotements? Ça s’est fait ailleurs. Mais il faut arrêter d’en parler et préparer des projets réels», dit-il.

Non aux énergies fossiles

Le Parti s’oppose aux hydrocarbures dans la province. Même si le député Simon Jolin-Barrette s’est positionné contre les hydrocarbures cette semaine (texte page 3), le chef rappelle que la CAQ a refusé les amendements de son parti pour interdire la fracturation hydraulique. «Ce ne sera pas Simon Jolin-Barrette qui va décider de la position du premier ministre Legault s’il devait être élu. Ce sera François Legault et on voit que François Legault a un préjugé favorable.»

Médecins de famille, maisons de naissances et Optilab

Pas moins de 20% des citoyens de la région n’ont toujours pas de médecin de famille. Pour remédier à la situation, le PQ propose de «faire en sorte que les médecins fassent du travail de médecin » en donnant plus d’autonomie aux pharmaciens et aux infirmières. Il souhaite aussi réinvestir en santé.

Jean-François Lisée se dit favorable à l’implantation de nouvelles maisons de naissance dans la région, qui n’en compte qu’une seule alors qu’elle devait en accueillir cinq d’ici 2020.

Il souhaite d’ailleurs décentraliser le pouvoir au sein des CISSS afin de renouer le dialogue avec les communautés locales.

Pérennité des médias

La Coalition pour la pérennité de la presse avait lancé l’an dernier un véritable cri du cœur au gouvernement pour une aide afin de traverser la crise qui secoue l’industrie. La coalition demandait notamment d’empêcher le retrait des avis publics dans les journaux, de l’aide pour effectuer la transition vers le numérique, des crédits d’impôt pour la masse salariale et une juste part des investissements publicitaires de l’État.

Le PQ souhaite pour sa part trouver des façons d’aider la presse locale. «Les médias locaux sont une condition essentielle d’une vraie démocratie locale. Des études américaines montrent que dans un endroit où la presse locale est devenue très faible, il y a moins de participation au vote, moins de candidats aux élections. La vie politique locale se fragilise.»

 

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