11 mars 2021
Régie intermunicipale des Services animaliers de la Vallée-du-Richelieu
Le nombre d’euthanasies atteint un seuil presque nul
Par: Sarah-Eve Charland

La Régie intermunicipale des Services animaliers de la Vallée-du-Richelieu a recueilli 1353 animaux en 2020. Photothèque | L’Œil Régional ©

Le nombre d’euthanasies a diminué de façon draconienne à la Régie intermunicipale des Services animaliers de la Vallée-du-Richelieu. Depuis 2015, il est passé de 735 à 14, en 2020.

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La Régie souhaitait atteindre l’objectif Zéro euthanasie, qui consiste à éviter toute euthanasie non essentielle et à ne pratiquer des euthanasies que lorsqu’un animal est agonisant, considéré comme dangereux ou ne pouvant être soigné afin de soulager sa souffrance. En 2020, la Régie a pratiqué 14 euthanasies, toutes jugées humanitaires, qui entrent dans ces critères.

« Avant, on faisait des euthanasies par manque de capacité. On a des locaux assez exigus. Maintenant, on réussit à faire une meilleure gestion quotidienne. On a des adoptions humanitaires avec des animaux qui ont des conditions particulières. Les citoyens sont ouverts à accueillir des animaux plus vieux ou qui ont des conditions », affirme la directrice générale de la Régie, Suzie Prince.

Ce qui a permis d’atteindre cet objectif, c’est surtout le réseau de maisons d’accueil et de refuges. La Régie peut compter sur l’appui d’une centaine de familles d’accueil qui hébergent des femelles gestantes, des nouveau-nés ou des animaux devant être hébergés durant une longue période. Le réseau de refuges englobe des groupes de sauvetage qui accueillent des animaux malades ou dans une condition ne permettant par leur adoption. Pour Mme Prince, la clé du succès de Zéro euthanasie passe par la générosité de ces gens.

« C’est très cyclique. Par exemple, les chats errants, on a des pics à l’automne et au printemps. Dans une semaine, durant ces périodes, on peut accueillir une vingtaine de chats. Il faut être prêts à accueillir ces animaux pendant ces pics. Pour ne pas faire d’euthanasie, il faut développer un réseau de maisons d’accueil ou de sauvetage », mentionne-t-elle.

Vague d’adoptions

Le confinement a amené de nombreux ménages à adopter des animaux en 2020. En 2019, la Régie avait procédé à 340 adoptions. Le nombre s’élève à 482 en 2020. « En ce moment, comme partout, le refuge est vide. Tout part extrêmement vite et c’est comme ça depuis le début de la pandémie », observe-t-elle.

La Régie a donc vu l’importance d’être encore plus rigoureuse dans son processus d’adoption. Elle rencontre plusieurs familles potentielles avant de choisir laquelle conviendra à l’animal mis en adoption.

« Les personnes ont du temps en ce moment à cause du confinement, mais est-ce que ce sera le cas après la pandémie? Quand on acquiert un animal, c’est pour sa vie. Pour chaque chien, on rencontre plusieurs familles. On fait un choix, on est très rigoureux. Ce sont des adoptions très touchantes », raconte-t-elle.

Toutefois, cette vague d’adoptions a mené à une hausse des prix des animaux et plusieurs problématiques sur le marché. Selon Mme Prince, il est maintenant courant de voir des chiots vendus à près de 5000 $. En raison de l’offre et de la demande, les acheteurs se mettent parfois à risque en achetant des animaux sur internet.

« On a eu toutes sortes de problématiques sur le territoire. On va essayer de sensibiliser les gens sur les façons d’adopter parce qu’ils se retrouvent avec des animaux ayant des problèmes de santé. Ils n’ont pas signé de documents et ils n’ont donc pas de recours. Ils doivent se tourner vers les petites créances et ça peut aussi devenir une source d’abandon », ajoute Mme Prince.

Cette dernière suggère donc aux personnes souhaitant se procurer un animal de se poser plusieurs questions avant de le faire. D’où vient l’animal? Est-ce une personne fiable? Est-ce qu’il y a un document qui prouve l’état de santé de l’animal? Est-ce que la personne est certifiée chez Anima-Québec? Est-ce qu’il y a une garantie sur l’état de santé?

Dans la région, la Régie intermunicipale de Services animaliers de la Vallée-du-Richelieu offre ses services sur les territoires de Belœil, McMasterville, Mont-Saint-Hilaire, Otterburn Park, Saint-Charles-sur-Richelieu, Saint-Jean-Baptiste et Saint-Mathieu-de-Belœil.

Quelques faits saillants en 2020
1353 animaux recueillis
1266 interventions des patrouilleurs
482 adoptions
46 constats d’infraction
152 avis de non-conformité

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