25 septembre 2019
Démission de la directrice
Le Musée des beaux-arts en grand état de désuétude
Par: Denis Bélanger
Chantal Millette.
Photo François Larivière

Chantal Millette. Photo François Larivière

Le bâtiment abritant le Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire (MBAMSH) tombe en lambeaux et met ainsi à risque les œuvres de sa collection, selon la directrice générale Chantal Millette. Excédée des nombreuses difficultés rencontrées, notamment avec son partenaire principal, la Ville de Mont-Saint-Hilaire, Mme Millette a annoncé sa démission la semaine dernière. Elle quittera son poste à la fin de l’année.

Les employés du Musée ont noté des risques d’incendie en raison de l’éclairage déficient. Un rapport d’incident du mois de janvier 2017 fait état d’un feu survenu sur un rail d’éclairage pendant la visite d’un groupe d’élèves. Des problèmes d’humidité, de moisissures et de suintement du tuyau de l’humidificateur ont commencé à apparaître dans le local de la réserve du Musée ces derniers mois, forçant la direction à sortir des œuvres de la réserve pour les entreposer ailleurs.
Chantal Millette en a vraiment assez d’attendre après la Ville de Mont-Saint-Hilaire. Elle estime avoir envoyé des mémos pendant quatre ans avant que le tapis soit changé. Elle attend toujours une grille à l’entrée du Musée pour avoir une boutique ainsi que l’autorisation d’accéder à l’entrée haute vitesse de la Ville. De plus, le Musée a entamé l’année sans la signature du bail, échu.
« Dans ce contexte, je vous avoue que je ne trouve plus de motivation à travailler à un quelconque projet d’avenir alors que la Ville n’a supposément pas les moyens financiers pour subvenir aux besoins de base et faire vivre décemment le Musée actuel, institution phare de notre communauté », a-t-elle écrit dans sa lettre de démission.
Le président du conseil d’administration du MBAMSH, Richard-Marc Bonneau, est évidemment attristé du départ de Chantal Millette. « Elle avait une grande expertise de l’administration et du marketing. Avant qu’elle arrive, on avait des petits déficits qu’on reportait chaque année, ajoute M. Bonneau. Son départ met en péril le projet des muséales. »
De son côté, la Ville fait les différents suivis pour trouver des solutions aux problématiques soulevées par le MBAMSH. Les employés municipaux font notamment les vérifications nécessaires pour le problème de suintement dans le local de la réserve. La Ville doit aussi procéder à un appel d’offres pour la brique du bâtiment, travaux prévus dans le Plan triennal d’immobilisations.

Relations tendues avec l’administration Corriveau
La relation entre le Musée et le maire Yves Corriveau ne sont pas au beau fixe depuis des années. Certaines propositions apportées par M. Corriveau ont contribué au départ de M. Millette. Le maire a entre autres souhaité élargir le mandat du Musée pour qu’il présente à titre d’exemple des expositions de minéraux. « Tous les musées du monde, à ma connaissance, se redéfinissent afin d’assurer l’avenir des organismes. Même le Musée des beaux-arts de Montréal fait des expositions que j’appelle “grand public” ». D’ailleurs, l’exposition sur le bateau L’Express of Ireland a permis à un plus grand nombre de personnes de s’approprier le Musée et d’avoir des entrées d’argent intéressantes », argumente Yves Corriveau.
Richard-Marc Bonneau précise que la modification du créneau du Musée, soit les beaux-arts, pourrait avoir une incidence sur son accréditation et son financement.
Les gens du MBAMSH n’ont pas apprécié non plus la suggestion de modifier les lettres patentes qui feraient en sorte que la Ville hériterait de la collection en cas de dissolution du musée. Actuellement, dans un tel scénario, c’est un organisme à but non lucratif avec une mission similaire qui hériterait de la collection. « Les citoyens de MSH ont payé de leurs taxes plus de 2 M$ et lors d’une fin des activités de l’organisme, tous les objets et surtout les maisons des artistes seront transférés à un autre musée. Vous comprendrez alors que ça serait une perte incroyable pour la population hilairemontaise qui a investi tant d’argent, maintient M. Corriveau. Alors, nous voudrions trouver un moyen afin de garder le tout. »

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