3 février 2021
Le milieu de la construction roule à plein régime
Par: Sarah-Eve Charland

Éric Robert, de son entreprise éponyme, a vu les contrats se multiplier en 2020 et les terrains devenir rares. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Malgré les règles sanitaires et une hausse des prix des matériaux, le milieu de la construction a connu une année des plus mouvementées.

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Le propriétaire de Construction Éric Robert peine à suffire à la demande. Il estime que la rareté des maisons de seconde main à vendre a créé un déplacement de la demande vers les maisons neuves. Cette fois-ci, c’est à la rareté des terrains à laquelle ont dû faire face les acheteurs.

« En ce moment, c’est un peu fou. Si on avait 50 terrains disponibles de plus, on les vendrait. Il y a beaucoup de personnes qui viennent de Montréal et qui n’ont plus besoin de se déplacer au bureau pour travailler. Sur 25 chantiers, une dizaine est pour des acheteurs de Montréal », affirme Éric Robert.

Pour le moment, il ne lui reste que cinq ou six terrains disponibles à la construction. Une deuxième phase s’en vient avec le prolongement de la rue Serge-Pepin, mais ces terrains ne sont pas encore disponibles à la construction.

L’aménagement de bureaux, auparavant une demande peu commune, s’insère maintenant de plus en plus dans les plans de maison. « On change nos plans de maison. Elles ont pas mal toutes des bureaux maintenant. Avant, les gens aménageaient une chambre dans le sous-sol pour en faire un bureau. Maintenant, ils demandent à ce que les bureaux soient au rez-de-chaussée et qu’on y retrouve de grandes fenêtres. »

En raison de la pandémie, le milieu de la construction a été mis sur pause pendant un mois et demi. Cette pause a eu des impacts pendant des mois sur les chantiers.

« Le mois et demi qu’on a perdu s’est transformé en deux ou trois mois de retard. Les fournisseurs ont eu de la difficulté à livrer les matériaux. Ils sont débordés. On a même eu des quotas sur certains matériaux », ajoute M. Robert.

Les matériaux ont ainsi connu une hausse de leur coût. Pour une maison unifamiliale, M. Robert estime qu’elle en coûtera entre 25 000 $ et 30 000 $ de plus que les années précédentes en raison de la hausse des coûts des matériaux.

« C’est sûr qu’il y a des ventes où on doit travailler sur le budget avec le client. Une personne m’a appelé pour acheter une maison unifamiliale à Beloeil à 350 000 $. Je lui ai dit que c’était impossible », souligne-t-il.

Les Villes ont octroyé autant de permis

À Beloeil, le nombre total de permis, toute catégorie, a atteint 1099 en 2020. Le nombre de permis et de certificats de construction n’a pas connu de grande variation entre 2019 et 2020. En 2020, Beloeil avait délivré 487 permis de construction. En 2019, le nombre se situait à 512. Là où la variation est plus importante est celle concernant la valeur des travaux qui ont été réalisés. En 2020, la valeur totale touchait 54 965 248 $. L’année précédente, elle s’élevait plutôt à 88 174 386 $. Belœil avait connu une année record en 2018 en délivrant 817 permis et certificats de construction, ce qui représentait des investissements totaux de 180 M$.

Mont-Saint-Hilaire a connu une augmentation du nombre de permis des nouvelles constructions et de la valeur des bâtiments construits. En 2020, la Ville de Mont-Saint-Hilaire a octroyé 51 permis comparativement à 31 en 2019. La valeur des nouvelles constructions a atteint 51 090 000 $ en 2020, alors qu’elle atteignait 23 137 000 $ en 2019. La construction du nouveau IGA a notamment eu un impact sur la valeur des constructions.

À Otterburn Park, le nombre de permis a connu une baisse, qui est passé de 723 en 2019 à 610 en 2020. Ces nombres englobent tous les types de permis que la Ville peut délivrer. Les permis touchant des agrandissements, des rénovations et des constructions ont connu une hausse en 2020, en passant de 80 en 2019 à 90 en 2020. La valeur des travaux a plutôt diminué toutefois. La valeur totale des travaux s’élevait à 8 217 281 $ en 2019 et a diminué à 5 490 694 $ en 2020.

Du côté de McMasterville, le nombre de permis de tout type et la valeur des travaux ont diminué en 2020. En 2019, elle avait émis 277 permis et certificats pour une valeur totale de travaux de 8 546 453 $. En 2020, McMasterville a délivré 256 permis et certificats pour une valeur de travaux totale de 7 852 640 $.

Selon la porte-parole de McMasterville, Virginie Beauchemin, la diminution du nombre de permis s’explique par le changement des procédures. Pour certains travaux, la Ville délivrait deux permis, ce qui a été modifié en 2020. À titre d’exemple, pour le remplacement d’une piscine, la Ville procédait à l’émission d’un certificat d’enlèvement, puis d’un second pour l’ajout d’une piscine.

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