8 juillet 2020
Le masque encore trop boudé
Par: Denis Bélanger

La directrice de santé publique de la Montérégie, Dre Julie Loslier. Photo gracieuseté

Beaucoup de résidents de la Montérégie demeurent indisciplinés pour le port du masque dans les endroits publics, de l’avis de la directrice de santé publique de la région, la Dre Julie Loslier.

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« Je demeure en Montérégie, je me promène et je constate qu’il y a des gains considérables à faire en la matière », a-t-elle déclaré en point de presse tenu vendredi pour faire le bilan de la situation en Montérégie depuis le début de la crise.

« Il ne faut pas attendre que le virus arrive dans une zone pour commencer à porter le couvre-visage. Il faut prendre l’habitude maintenant, c’est très important pour moi. Oui, je le sais, c’est l’été, il fait chaud, mais ça peut revenir très vite. Nous avons besoin de votre collaboration », a renchéri le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, qui a accompagné la Dre Loslier au point de presse.

La santé publique de la Montérégie a aussi observé une légère augmentation du nombre de contacts par cas infectés. « Cela signifie que les gens respectent moins les mesures de distanciation sociale. Nous avons observé une diminution de l’âge moyen des nouveaux cas. Il y a eu des cas chez les plus jeunes qui ont généré un très grand nombre de contacts », a expliqué la Dre Loslier.

Cette dernière a de plus rapporté qu’il y a eu une hausse des déclarations d’infections transmises sexuellement ou par le sang (ITSS) depuis le déconfinement. « Est-ce que cela veut dire que les gens se faisaient moins tester en pandémie? C’est possible. Mais ce n’est pas impossible que le déconfinement ait occasionné un certain contact qui n’est pas toujours à deux mètres. Il y a d’autres maladies aussi à faire attention en été, dont la maladie de Lyme. »

Bilan régional

Le premier cas de COVID-19 en Montérégie a été déclaré le 1er mars. Des sommets d’infection ont eu lieu le 19 avril ainsi que les 2 et 3 mai. Pour faire face à la situation, l’équipe de maladie infectieuse est passée de 60 à 300 personnes. En date du 6 juillet, 7961 cas ont été enregistrés, dont 1 cas sur 5 était une personne âgée en centre d’hébergement. La santé publique a aussi révélé que 700 travailleurs ont été infectés par le virus. Un total de 585 décès sont survenus et 92 % d’entre eux étaient âgés de 70 ans et plus. « Le virus a frappé agressivement dans l’agglomération de Longueuil, ce qui explique qu’on a procédé à un déconfinement en deux temps. Les taux de contagions se sont améliorés dans l’agglomération de Longueuil, mais il faut demeurer vigilant et c’est toujours un défi quand on se déplace », a souligné la Dre Loslier.

Données locales

La situation semble stable dans la MRC de la Vallée-du-Richelieu, qui a enregistré moins de cinq nouveaux cas pour la période du 29 juin au 5 juillet. Dans l’ensemble de la Montérégie, c’était 150 nouveaux cas, dont plus du tiers dans l’Agglomération de Longueuil. Pour la semaine précédente, on notait aussi moins de cinq cas.

Notons que pour les deux précédentes périodes d’observation qui se font sur une base bi-hedomadaire (24 juin au 1erjuillet, 21 au 28 juin), la Vallée-du-Richelieu avait également enregistré moins de cinq cas.

Dans l’ensemble de la MRC, selon les données publiées le 3 juillet, environ 516 cas de COVID-19 ont été déclarés. Saint-Basile-le-Grand est la municipalité la plus touchée avec 132 cas. Rappelons que la résidence pour personnes âgées La Dauphinelle avait été durement touchée pendant la crise. Saint-Marc-sur-Richelieu a été la moins touchée, avec moins de cinq cas. Ailleurs dans la MRC, la santé publique a observé depuis le début de la crise 106 cas à Chambly, 90 à Belœil, 51 à Carignan, 45 à Mont-Saint-Hilaire, 26 à Otterburn Park, 24 à McMasterville, 16 à Saint-Jean-Baptiste, 9 à Saint-Charles-sur-Richelieu, 6 à Saint-Denis-sur-Richelieu, 6 à Saint-Mathieu-de-Belœil et 5 à Saint-Antoine-sur-Richelieu. En date du 30 juin, le nombre de décès s’élevait à 34.

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