13 décembre 2018
Projet de la rue Saint-Georges
Le journal obtient le sondage complet
Par: Denis Bélanger

Danielle Pilette, professeure à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM. Photo: Gracieuseté

L’Œil Régional a obtenu le rapport de méthodologie ainsi que le questionnaire du sondage commandé par les opposants au projet de développement de la rue Saint-Georges, à Mont-Saint-Hilaire. Selon une experte, même si l’exercice ne couvre pas l’aspect financier du projet, le sondage reste bien fait.

Le groupe informel La Voix des Citoyens avait d’ailleurs fait circuler par plusieurs moyens de communication des conclusions du sondage effectué en novembre par Maurice Guertin, de la compagnie MGDB Innovaction Marketing inc. Les opposants affirmaient notamment que 68 % des résidents sondés s’opposaient à la construction d’un supermarché sur la rue Saint-Georges, que 78 % s’opposaient à l’idée d’engager des frais d’infrastructures plus élevés et que 80 % des résidents exigeaient que le projet soit soumis au vote de tous les citoyens.

Le rapport du sondeur décortique davantage le portrait des opposants. En effet, 74 % de ceux qui passent six fois ou plus par semaine dans le secteur sont contre, mais l’opposition baisse à 60 % pour ceux qui y passent cinq fois ou moins. «Cet écart est compréhensible, car les utilisateurs fréquents subiraient davantage les conséquences sur la circulation», explique M. Guertin.

L’autre constat majeur, c’est que le taux de satisfaction des participants envers les élus est de 6,8 sur 10. De plus, le sondeur souligne que les citoyens qui sont au courant que le projet en cour diffère du projet initial ont donné une note de satisfaction plus faible (6,3).

Pour réaliser l’enquête, le sondeur a effectué 1096 contacts téléphoniques entre le 1er et le 10 novembre 2018. Un total de 351 entrevues ont été réalisées, avec une marge d’erreur de 5,2 %.

Commentaire d’expert
Le journal a demandé à la professeure au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM Danielle Pilette d’analyser le sondage et ses conclusions. Mme Pilette est d’avis que le sondage est très bien fait et suffisamment objectif. «Ça s’adresse à des personnes scolarisées et conscientisées. Le sondage est à l’image du milieu. Il n’est pas réducteur et situe très bien la question dans l’ensemble des questions d’urbanisme et de la planification territoriale.»

Mais la professeure note toutefois que le sondage fait abstraction de l’état des finances publiques de la municipalité. «Le secteur industriel et commercial qui rapporte beaucoup en taxes représente une part minime à [Mont-Saint-Hilaire]. Le taux général de taxation est toutefois avantageux. Si on veut plus d’apaisement de la circulation au centre-ville, il va falloir qu’on ait des développements résidentiels qui ont des valeurs élevées pour maintenir un taux avantageux.»

Mme Pilette a également consulté le résumé des chiffres véhiculés. Elle se dit étonnée de lire que les conclusions du sondage affirment que seulement 16 % des sondés font confiance aux élus pour décider de l’aménagement du centre-ville.

«Une telle interprétation fait suite à un questionnement dans le sondage à ce sujet. Pourtant, l’un des principes fondateurs de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme est que l’urbanisme est un acte politique. Les élus ont donc toute légitimité, politique et légale, pour décider.»

 

À la lecture des différents documents, elle conclut que le sondage exagère peut-être le conflit entre les sondés et les élus. «Les décisions sont légitimes, à la condition qu’il y ait une participation publique. Je présume que toute la situation relève du cynisme ambiant quant à la classe politique et qu’elle relève aussi de la politisation parfois très grande de certains enjeux locaux. Le débat doit être pondéré et l’intérêt collectif devrait primer sur les antagonismes.»

De son côté, le maire de Mont-Saint-Hilaire, Yves Corriveau, a peu commenté les conclusions du sondage. «Lorsqu’on fait un sondage, et la Ville en a fait, il y a des critères. On ne connaît pas les critères ici. Combien de personnes ont été consultées? On ne le sait pas? Ça a été dit et entendu. Est-ce que ça va être pris en considération? La réponse est non. La question n’est pas est-ce que le projet va se faire, mais bien comment on va le faire.»

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