20 novembre 2020
La COVID-19 frappe fort sur le milieu de l’événementiel
Le Gars du son a développé de nouveaux concepts pour survivre
Par: Denis Bélanger

Benoit Denis.

Le ciel est tombé sur la tête du propriétaire de l’entreprise d’animation et d’organisation d’événements Le Gars du son, Benoit Denis, le printemps dernier. Il a vu son chiffre d’affaires de plusieurs centaines de milliers de dollars s’envoler en l’espace de quelques semaines en raison du confinement et des mesures sanitaires imposées par la pandémie de la COVID-19. L’entrepreneur a toutefois décidé de continuer à faire marcher le navire et s’est adapté pour récupérer une partie de ses revenus.

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M. Denis se souvient encore bien du 12 mars, journée où le premier ministre François Legault a interdit les rassemblements de plus de 250 personnes. « J’étais à un événement de la Chambre de commerce quand les courriels se sont mis à rentrer. La moitié de mon année de travail venait de disparaître en une vingtaine de minutes. Puis, une semaine plus tard, on a annoncé qu’il n’y aurait pas d’événements d’ici la fin août. C’était toute mon année qui venait de partir. Ç’a été un choc. »

Les premières semaines de confinement ont été difficiles sur le moral de Benoit Denis, qui ne savait pas trop quelle direction donner à son entreprise. Il reconnaît qu’il avait envie « de se rouler en boule », le temps de laisser passer la crise. Il a toutefois été fouetté notamment par des membres de la cellule d’affaires de la chambre de commerce et est retourné à la table à dessin pour monter de nouveaux projets.

« Je me suis rendu compte que je devais voir à long terme et j’ai investi pour l’achat d’équipements qui seront utilisés pour les prochaines années. »

Il a ainsi monté des plateformes mobiles pour organiser des spectacles et des défilés entre autres dans les terrains de camping. Plusieurs clients ont déjà réservé pour l’an prochain. Il a aussi organisé des cinéparcs mobiles pour de multiples municipalités. Benoit Denis a aussi trouvé un petit filon du côté des animations virtuelles. Pour le compte de municipalités et avec l’aide de collaborateurs, il organise des rencontres virtuelles avec le père Noël ainsi que des séances d’entraînement de superhéros.

« Un des bons côtés de la pandémie est que j’ai pu enfin trouver du temps pour travailler avec des gens que je voulais aborder depuis longtemps. J’ai créé de nouveaux liens d’affaires pour monter des projets. J’ai eu aussi pour la première fois en une vingtaine d’années un horaire plus normal », dit M. Denis, qui a pu compter cet été sur l’aide d’un employé ainsi que de son père et de son fils.

Pas de reprise en vue

L’entrepreneur se montre prudent et croit que l’été 2021 sera identique à 2020. « Il n’y aura pas d’événements ou de spectacles majeurs. Moi, je refuse de prendre des réservations d’événements privés en 2021, je ne veux pas gérer des annulations. »

Même si Benoit Denis apprécie le fait de pouvoir profiter de ses week-ends au lieu d’animer des partys, il s’ennuie de cette ambiance festive. « Ça me manque de peser sur le bouton play et de sortir au bon moment la toune que tout le monde voulait pour ainsi les voir chanter et danser. Cette chaleur humaine me manque. C’est arrivé un peu cet été, ce phénomène. Mais au moment où tu sentais que la fête allait décoller, il fallait rappeler aux gens de ne pas se rapprocher et de respecter les mesures de distanciation sociale. »

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