8 juin 2016
Le financement dans la mire des curés
Par: L'Oeil Régional
L'église de Mont-Saint-Hilaire.

L'église de Mont-Saint-Hilaire.

Le prêtre modérateur de la paroisse Trinité-sur-Richelieu, André Nolin.

Le prêtre modérateur de la paroisse Trinité-sur-Richelieu, André Nolin.

Épargnées par la fermeture, la vente ou la démolition, les églises de la région parviennent à maintenir la tête hors de l’eau. Mais l’argent, le nerf de la guerre, demeure une préoccupation importante chez les prêtres pour assurer la survie de leurs lieux de culte.

 «Si jamais on ferme, ce serait à cause des finances. […] On n’aurait plus les moyens de faire l’entretien des églises», témoigne le prêtre modérateur de la paroisse Trinité-sur-Richelieu, André Nolin.

Les coûts d’entretien sont en hausse, mais les revenus restent au même niveau. Les dépenses s’élèvent à 600 000$ par année. La paroisse, qui compte trois églises (deux à Beloeil et une à McMasterville), engendre des déficits de quelques milliers de dollars, indique M. Nolin.

Du côté de la paroisse de Saint-Hilaire, les revenus sont aussi stables. Selon le  prêtre Pierre Cordeau, le fait que l’église soit reconnue comme monument historique aide à sa sauvegarde. «Ce ne sera pas la première à fermer. Ce sera plutôt la dernière. Ils vont conserver ce monument historique le plus longtemps possible».

L’Assemblée de fabrique de la paroisse Saint-Hilaire a d’ailleurs terminé cette année une campagne de financement pour la réfection de l’église. Elle a recueilli près de 342 000$. Seulement chez les locaux, elle a amassé 175 000$. Un signe que les citoyens sont encore attachés à leur église, estime M. Cordeau.

«Ce n’est pas seulement les gens de Saint-Hilaire; les gens qui sont sensibles à l’œuvre d’Ozias-Leduc vont aussi contribuer.» Le ministère québécois de la Culture et des Communications a aussi apporté une aide financière dans les dernières semaines.   

La paroisse de Notre-Dame-du-Bon-Conseil a pour sa part connu une hausse de ses revenus depuis un an, affirme le Père Nicolas Sengson. «Mais ce n’est vraiment pas beaucoup», précise-t-il.

Trouver des solutions  

Derrière la problématique du financement, il y a bien sûr la baisse du nombre de pratiquants. Depuis quelques années, les églises maintiennent tout de même un nombre de fidèles pour les messes dominicales.

L’effet s’en ressent dans le paiement de la dîme chez les paroissiens. Ceux-ci sont dans une proportion d’environ 20% à payer leur dîme, mentionnent les prêtres interrogés par L’Œil Régional.

La paroisse de Trinité-sur-Richelieu est à la recherche d’idées pour remplir ses coffres. «On a un comité qui va étudier les moyens de financement qu’on peut prendre», affirme  M. Nolin. La location de locaux au centre communautaire Trinité-sur-Richelieu à Belœil donne un petit coup de main à la paroisse.

À la paroisse d’Otterburn Park, c’est la vente de vêtements au comptoir familial qui apporte de l’eau au moulin. «Ça nous soutient financièrement», souligne le Père Sengson. Mais dans la prochaine année, l’administration de la paroisse devra possiblement se pencher sur des activités de financement pour rénover l’église de la rue Gervais.

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