10 juin 2016
Le dopage sportif aussi présent dans le milieu scolaire
Par: Denis Bélanger
Bon ou mauvais perdant?

Bon ou mauvais perdant?

OPINION. Il n’y a pas que les drogues douces comme la marijuana ou le «speed» qui réussissent à entrer dans les écoles. Les produits dopants utilisés pour améliorer les performances trouvent également preneur chez certains élèves. C’est ce que confirme l’agent sociocommunautaire André Phaneuf de la Régie de police Richelieu-Saint-Laurent.

André Phaneuf a pu observer le phénomène alors qu’il a initié, à l’école secondaire Polybel de Beloeil, un concours d’hommes forts, qui a fait du chemin depuis 10 ans. Il a eu des soupçons sur plusieurs jeunes, lesquels ont confirmé sa théorie. «Ceux qui prennent des produits dopants ne font pas de compétition. Ils se dopent pour avoir de gros muscles, mais le concours d’hommes forts demande un effort et plusieurs habiletés.»

Ces jeunes donnaient alors des excuses pour ne pas s’inscrire à la compétition. «Je m’arrangeais pour passer un message subtil. Il ne faut pas trop confronter ces jeunes qui se dopent, car ils sont dans leur période de lune de miel.»

Le policier s’est même fait un devoir au fil des ans de faire le tour des écoles pour sensibiliser les jeunes sur le dopage. Espérons que d’autres prendront la relève, car André Phaneuf remettra son badge à la fin de l’année. «C’est trop facilement accessible. Même s’il n’y a pas beaucoup de jeunes comparativement au reste qui se dopent, il y en a encore trop.»

Il faut saluer le courage d’André Phaneuf de parler du dopage sportif chez les jeunes. Dans le passé, quand j’abordais la question, les intervenants s’empressaient de changer de sujet. En 2008, j’avais interviewé deux joueurs et le coordonnateur défensif de l’équipe de football des Carabins de l’Université de Montréal, car ils organisaient un camp d’été pour les jeunes. Je leur avais demandé s’ils aborderaient brièvement le sujet du dopage. On m’avait répondu que non, car les enfants étaient trop jeunes pour être concernés par le problème. J’avais trouvé ça ordinaire comme réponse. Bon, je ne dis pas qu’il se passait quelque chose de louche chez les Carabins. Mais il me semble qu’il n’est jamais trop tôt pour aborder un problème.

Tentations

André Phaneuf estime avoir vu aussi plusieurs adultes prendre des produits dopants. Il faut dire que le policier a fait beaucoup de compétitions de culturisme, milieu propice au dopage.
Phaneuf raconte souvent aux jeunes qu’il a déjà été tenté une fois de se «doper». «Une fois, j’avais terminé troisième. Les deux autres m’avaient dit que je n’avais qu’à fermer ma gueule et faire pareil comme eux (se doper).»
Le policier a jonglé avec l’idée de prendre cette voie facile du dopage. Mais, finalement, il a décidé de rester propre.

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