7 février 2018
Un premier essai pour Simon Jolin-Barrette
Le député livre sa vision de la politique
Par: Karine Guillet

Le député de Borduas a célébré le lancement de son livre dans sa circonscription, lundi. photo: Robert Gosselin

Le député de Borduas a célébré le lancement de son livre dans sa circonscription, lundi. photo: Robert Gosselin

Inspiré par les Lettres à un jeune politicien de Lucien Bouchard, le député de Borduas Simon Jolin-Barrette a voulu mettre en lumière, six ans après l’ancien premier ministre, la vision d’un jeune député. Il expose sa vision de la politique, du Québec et des problèmes de sa génération dans son premier essai, J’ai confiance: réflexions (sans cynisme) d’un jeune politicien.

Le député se défend que sa démarche est électoraliste, puisqu’il soutient avoir travaillé pendant plusieurs mois à l’écriture de son livre, dont il aurait souhaité la sortie plus tôt.
Avant de se lancer dans une réponse à Lucien Bouchard, Simon Jolin-Barrette dit avoir lu le livre, qu’un ami lui avait d’abord suggéré, à quelques reprises. S’il a décidé de plonger, c’est d’abord pour valoriser la politique, mais aussi parce que la réalité des jeunes a bien changé depuis la démission de Lucien Bouchard, il y a 17 ans. À 30 ans, nouvellement papa, le député était d’ailleurs aux premières loges pour en parler.
Dans cet essai d’une centaine de pages qu’il veut non partisan, le député mêle les réflexions, les observations et les anecdotes personnelles.
Il y parle notamment de la nécessité d’alléger la bureaucratie dans les ministères qui décourage l’initiative personnelle, de son souhait que l’effort soit récompensé avec l’expérience et même de nationalisme. À ce chapitre, il cite d’ailleurs l’exemple de Saint-Marc-sur-Richelieu et Saint-Jean-Baptiste, pour leur engagement communautaire et leur esprit de solidarité. «Ça rejoint beaucoup le thème du service public, de l’engagement public et de servir sa communauté. Il faut être fier de ce qu’on est. Le patriotisme, il prend plusieurs formes», explique-t-il.
Point de vue
Le lecteur y découvre également un côté plus personnel du politicien, qui raconte s’être engagé à 25 ans, parce qu’à ses yeux, «servir le Québec ne pouvait pas attendre». Il témoigne aussi avoir été motivé par la Commission Gomery puis les allégations de collusion liées à la construction.
Il y parle aussi de son passage à l’Assemblée nationale et de la difficulté que peuvent vivre les jeunes politiciens et les femmes à s’intégrer à cette institution parfois machiste. Il tente aussi de démystifier son travail, qui a parfois mauvaise presse.
À ce chapitre, il croit d’ailleurs que l’Assemblée nationale devra s’ajuster si elle souhaite attirer des jeunes politiciens, notamment concernant la conciliation travail-famille. Il note d’ailleurs que la législation actuelle est d’ailleurs la troisième plus vieille de l’histoire de la province, en moyenne d’âge des politiciens, alors que seuls quatre députés ont moins de 30 ans.
«C’est sûr que si tu n’as pas de jeunes politiciens, c’est plus dur d’avoir des modèles ou d’être interpellé par des gens de ta génération. Je ne dis pas qu’il ne faut que des jeunes en politique, mais ça prend un meilleur équilibre. Même chose pour les femmes.»
Retrouver la confiance en la politique
Si le thème de ce premier essai s’articule autour de la confiance, l’auteur croit que la première étape vers une meilleure confiance de l’appareil politique est d’abord de réformer les institutions pour les rendre plus démocratiques. Il croit qu’une plus grande dose d’initiatives transpartisanes serait la bienvenue. «C’est ce genre d’initiatives qui va redonner confiance aux gens, de voir que même si des députés ne défendent pas le même parti, ils peuvent arriver à des projets communs.»
La semaine de 60 heures
Dans son livre, le député souligne qu’il souhaiterait que le Québec s’inspire de la mentalité américaine, qui valorise l’autonomie. Il souhaite au passage ouvrir une discussion sur les conditions de travail, qui pénalisent parfois les travailleurs.
Le député a d’ailleurs fait parler de lui la semaine dernière, alors que Le Journal de Montréal titrait qu’il «souhaitait faire travailler davantage les Québécois». Le député avoue avoir été surpris et reconnaît avoir touché une corde sensible.
«Nulle part il n’est écrit dans le livre que je veux que les gens fassent 60 heures, s’exclame-t-il. Je dis qu’il est important de valoriser le travail, la culture du mérite, l’effort. Pour ceux qui souhaiteraient travailler davantage, il devrait y avoir des incitatifs fiscaux. Je dis aussi que c’est sain que tout le monde ne travaille pas 60 heures par semaine, et je parle de la conciliation travail-famille, où c’est important d’adapter les horaires aux familles.» n

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