20 janvier 2017
Le commerce électronique sourit aux PME
Par: Karine Guillet
Jacques Nantel est l'un des spécialistes au commerce au détail les plus souvent consultés au Canada et en Europe, selon le HEC.

Jacques Nantel est l'un des spécialistes au commerce au détail les plus souvent consultés au Canada et en Europe, selon le HEC.

COMMERCE. Le commerce électronique peut s’avérer bénéfique pour l’essor des entreprises d’ici, à condition que les collectivités prennent les moyens de bénéficier de cet essor, croit le professeur au HEC spécialiste en commerce de détail, Jacques Nantel.

Jacques Nantel sera l’invité d’honneur du prochain Déjeuner-conférence de la Chambre de commerce et d’industrie de la Vallée-du-Richelieu (CCIVR), jeudi prochain. Intitulée «Le commerce de détail à la croisée des chemins», la conférence abordera l’enjeu du commerce électronique d’un angle positif, mentionne le professeur.

Alors que les années 1980 ont vu les grandes artères commerciales des villes se vider au profit des mégas centres commerciaux (<@Ri>Powercentre<@$p>) regroupant plusieurs magasins de grande surface, le professeur soutient que la faveur des consommateurs se porterait maintenant davantage vers les plus petites entreprises.

Le commerce électronique serait directement responsable de ce changement, puisque les consommateurs ont maintenant accès à une plus grande variété de produits et de bons prix sans avoir à se déplacer. Les consommateurs qui se déplacent recherchent davantage une expérience plaisante que le fait d’acquérir le produit: «Ça veut dire des commerces de plus petites surfaces, des produits spécialisés avec une expérience plus hédonique. Il y a beaucoup de centres urbains de petites dimensions en train de renaître à cause de ces principes-là », explique le professeur.

Pour y arriver, les commerces ont avantage à jouer un équilibre entre un point de vente et la vente en ligne. À titre d’exemple, le professeur souligne que les commerces n’ont pas besoin de tenir tout leur inventaire en magasin. Le stock peut être dans un entrepôt. Plusieurs commerçants pourraient même regrouper leur inventaire dans un entrepôt global pour être plus efficaces.

Revitaliser les artères commerciales

Les municipalités ne devraient pas hésiter non plus à investir pour revitaliser leurs artères commerciales. Selon lui, les municipalités auraient davantage intérêt à voir plusieurs petits commerces spécialisés s’établir plutôt qu’un gros commerce de plusieurs milliers de pieds carrés. «C’est le temps [d’investir] en ce moment, sauf qu’il faut avoir un plan. Il ne s’agit pas seulement d’asphalter la rue; il faut inciter les commerçants à venir s’établir, se préoccuper du mixe commercial qu’on va créer», soutient-il.

La conférence de Jacques Nantel aura lieu au Manoir Rouville-Campbell, à 7h30. Des billets sont disponibles auprès de la CCIVR au coût de 30$ pour les membres et 45$ pour les non-membres.&nbsp;

Trois conditions pour un développement des artères

1-Mixité

«Une artère ne peut fonctionner que s’il y a un équilibre entre les produits, les services et le divertissement», explique Jacques Nantel.

2-Accessiblité

«Ça peut être des pistes cyclables, du transport en commun, mais ce doit aussi être de l’automobile. Il faut qu’il y ait suffisamment d’espace de stationnement, donc un roulement assez grand du parc automobile», explique le professeur, donnant l’exemple de parcomètres ou de stationnements en périphérie avec services de navettes en guise de piste de solution.&nbsp;

3-Attrait visuel

«Une artère, ça s’entretient. Il faut qu’une artère soit aussi attrayante, aussi belle qu’un centre commercial pourrait l’être»

image