9 juin 2021
Voyage annulé au Honduras
Le Collège Saint-Hilaire mis en demeure par les parents
Par: Denis Bélanger

18 élèves de 5e secondaire devaient s’envoler au printemps 2020 vers la ville de Copán au Honduras pour travailler dans une plantation de café ainsi que dans une école pour y réaliser de petits travaux manuels. Le voyage a été annulé en raison de la COVID-19. Photo gracieuseté

Le dossier du voyage humanitaire d’élèves du Collège Saint-Hilaire au Honduras avorté l’an dernier en raison de la pandémie pourrait prendre la voie des tribunaux. Les parents des jeunes concernés ont mis en demeure entre autres l’établissement d’enseignement pour réclamer un peu plus de 16 000 $ et obtenir ainsi un remboursement complet.

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L’Œil Régional rapportait la semaine dernière que le transporteur aérien Aeromexico refusait de rembourser directement aux 18 jeunes le montant du billet d’avion s’élevant à 919 $. L’entreprise offrait un crédit de voyage expirant seulement un an après l’émission, offre qui a été refusée par les gens concernés. La direction du Collège a demandé à l’entreprise de lui transférer les crédits de voyage, ce qui lui aurait permis de rembourser les parents. L’entreprise a refusé la demande. Notons que les autres frais du voyage, soit 1635 $, ont été remboursés.

Les parents des 18 élèves ont retenu les services du cabinet montréalais Fournier Avocat pour faire expédier une mise en demeure, le 31 mai, exigeant le remboursement total de 16 500 $. Outre le Collège, les agences de voyages Horizon Cosmopolite et Escapade Voyages et Aventure sont également visées par l’action. Ils ont dix jours à la réception de la mise en demeure pour payer la somme réclamée.

« Il va sans dire que les parents n’ont aucunement à assumer une telle perte. Non seulement il est de votre responsabilité de vous assurer de recouvrer ces sommes auprès de la compagnie aérienne avec laquelle vous-mêmes avez décidé de contracter, mais quoi qu’il en soit, vous avez l’obligation de rembourser les parents pour ce service duquel ils n’auront pu bénéficier. […] Les parents n’ont jamais consenti ni même été informés du fait qu’en cas d’annulation du voyage, près de 1000 $ ne leur seraient pas remboursés », peut-on lire dans la mise en demeure.

L’Œil Régional a contacté l’avocat responsable du dossier, Me Étienne Morissette, mais ce dernier s’est abstenu de commenter la situation pour l’instant.

Réactions des autres parties

En raison de la mise en demeure, le Collège a annulé la rencontre d’information avec les parents prévue sur le sujet. Le directeur général du Collège, Jean-François Guay, s’abstient aussi de commenter ce récent développement, mais assure comprendre et partager le sentiment des parents dans ce dossier.

« Je réitère la volonté du Collège à aider les parents dans leurs actions auprès de cette compagnie aérienne. […] Je demeure confiant que la compagnie aérienne, si les médias nous aident dans nos démarches, acceptera l’offre du Collège de transférer les 18 billets pour un futur voyage ce qui nous permettra de, nous-mêmes, rembourser les parents. Il y a quelques semaines, j’ai proposé de me joindre à l’effort juridique des parents envers Aeromexico. Nous verrons dans les prochains jours si nos actions envers eux portent fruit », a commenté M. Guay.

Le cofondateur et coordonnateur de programmes à Horizon Cosmopolite, Stéfane Charrette, rappelle de son côté que c’est Aeromexico qui a l’argent et refuse de rembourser. « Je suis vraiment navré de la situation », a-t-il ajouté.

De son côté, la copropriétaire d’Escapade Voyages et Aventure, Marie-France Béliveau, laisse entrevoir une possible fin heureuse pour les parents des jeunes. Dans sa réponse à la mise en demeure, Mme Béliveau indique au groupe de se tourner au Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages (FICAR), une protection financière administrée par l’Office de la protection du consommateur. « Les choses commencent à tomber en place dans l’industrie alors que le gouvernement canadien a fait des ententes avec les transporteurs canadiens. Nous comprenons que les parents sont impatients et ont hâte que le dossier se règle. Pour le FICAR, il faut faire la démonstration qu’on ne s’est pas fait rembourser le billet d’avion par un assureur. »

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