1 novembre 2017
Exposition Empress of Ireland
Le collectionneur est membre du parti du maire Yves Corriveau
Par: Denis Bélanger

Toile du bateau présentée lors de l’exposition Histoires d’Eau — Empress the Ireland. Photo: Guy D'Astous.

Le chef de Vision Citoyenne, Jean Pierre Bessette II, déplore que le maire sortant Yves Corriveau ait fait des pressions sur le Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire (MBAMSH) pour la présentation à l’été 2016 d’une exposition dont la collection appartient à son agent officiel de parti. L’actuel président du conseil d’administration du musée reconnaît que les représentations de l’élu ont «court-circuité» le fonctionnement normal du musée.

Rappelons qu’en janvier 2016, la municipalité annonçait la présentation au MBAMSH de l’exposition Histoires d’Eau — Empress of Ireland dans le cadre des festivités du 50e anniversaire de Mont-Saint-Hilaire. Les œuvres prêtées au musée appartiennent à l’Hilairemontais Guy D’Astous, qui a fait 35 plongées sur l’épave du bateau. M. D’Astous a été nommé agent et représentant officiel d’Avenir Hilairemontais le 10 février 2016.

M. D’Astous n’a reçu aucune somme d’argent pour l’exposition et a même contribué financièrement à sa présentation, en plus d’amener des commandites d’après le président du CA du musée, Richard-Marc Bonneau.

De l’avis de M. Bessette, qui siégeait au CA du MBAMSH à cette époque, Guy D’Astous a quand même tiré un avantage de cette exposition. «À la suite de la publication par un musée de sa collection, celle-ci prend automatiquement de la valeur, celle-ci peut même doubler. Ce catalogue est comme gagner a la loterie pour lui.» Notons qu’une partie de la collection de M. D’Astous a été exposée avant l’été 2016 à Halifax, Vancouver ainsi qu’au Musée canadien de l’histoire à Gatineau.

Habituellement, pour qu’une exposition soit présentée au MBAMSH, on procède à un appel d’offres et les collections soumises sont analysées par un comité indépendant.

Selon Jean-Pierre Bessette, cette exposition ne cadrait pas non plus dans la mission du musée, car elle était axée davantage sur l’histoire et non pas les beaux-arts. On a toutefois trouvé une solution pour cadrer l’exposition dans la mission du MBAMSH, soit la réalisation de cinq tableaux.

Explications du maire

Le maire Yves Corriveau, qui siégeait au CA du musée à cette époque, rapporte que Guy D’Astous avait d’abord contacté la responsable de la culture à la Ville pour voir la possibilité d’exposer sa collection au Pavillon Jordi-Bonnet, le temps d’un week-end. M. Corriveau ne connaissait pas le collectionneur avant cet appel. «Ç’était trop dispendieux pour une fin de semaine. Je me suis dit aussi que ça pourrait bien d’avoir une exposition grand public durant l’été pour faire connaître davantage le musée. J’ai parlé aux membres du CA de la collection, renchérit M. Corriveau. Quand la Ville a fait un appel d’offres aux organismes pour qu’ils présentent des projets pour le 50e de la Ville, le musée a déposé cette exposition. Le musée a eu un montant de 25 000 $ pour cette exposition.»

Par la suite, Yves Corriveau a constaté qu’il avait plusieurs affinités avec M. D’Astous. «J’ai découvert qu’il avait une deuxième passion, la politique. Je lui ai dit alors que j’avais besoin d’un agent officiel pour mon parti.»

De son côté, M. Bonneau n’a pas de malaise au fait que Guy D’Astous soit devenu agent pour le parti du maire, mais peut comprendre que la situation puisse soulever des questions. «On ne peut pas empêcher les gens de faire ce qu’ils veulent. On a un ancien membre du CA (Bessette) qui se présente contre le parti du maire.»

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