31 janvier 2020
Laurent Duvernay-Tardif n’a pas oublié son séjour avec les Pirates
Par: Denis Bélanger

Laurent Duvernay-Tardif avec les Pirates du Richelieu en 2018. Photothèque | L’Œil Régional ©

Laurent Duvernay-Tardif a toujours su garder les deux pieds sur terre devant ses succès professionnels. Le membre de la ligne offensive des Chiefs de Kansas City se souvient encore très bien d’où il vient. La marche vers le Super Bowl n’a pas commencé il y a plus de deux semaines, mais bien il y a plusieurs années sur un terrain aux traits hachurés de Belœil.

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Si gagner le Super Bowl est devenu l’objectif ultime et la récompense de tous les sacrifices dès qu’il a été repêché dans la NFL au printemps 2014, il était loin de s’imaginer un tel scénario quand il était gamin. D’ailleurs, il ne pouvait se souvenir exactement du premier Super Bowl qu’il a regardé, n’étant pas un souvenir marquant de sa jeunesse. « Ayant grandi sans télévision ni câble, ça a probablement été au cégep avec Sasha [son agent] et les amis du Phénix du Collège André-Grasset », a confié l’athlète de 28 ans lors d’une conférence téléphonique.

Le déclic pour le football s’est fait lorsqu’il a endossé l’uniforme des Pirates du Richelieu. Il demeure très reconnaissant envers son premier entraîneur, Jacques Foisy, avec lequel il est demeuré en contact pendant toutes ces années.

« Les Pirates, c’est là que tout a commencé. J’ai parlé récemment à Jacques Foisy et je l’ai invité à venir au Super Bowl, car ce sont des moments marquants. C’est avec les Pirates que j’ai appris à aimer le sport. Je ne l’aimais pas à l’époque pour les mêmes raisons que je l’aime aujourd’hui, soit l’aspect stratégique. »

Un privilège
Le 2 février , Laurent Duvernay-Tardif réalisera un exploit rare lorsque l’unité offensive embarquera sur le terrain pour contenir la défense des 49ers de San Francisco. Il sera le premier Québécois de l’histoire de la NFL issu d’une université québécoise à participer au Super Bowl à titre de partant à l’offensive ou défensive. En fait, seul un autre footballeur né dans la belle province a eu l’occasion de jouer ce grand match, J.P. Darche avec les Seahawks de Seattle en 2006. Spécialiste des longues remises, il était surtout utilisé sur les unités spéciales. Son équipe avait perdu aux profits des Steelers de Pittsburgh.
« C’est un privilège d’être là. Tu as beau t’entraîner au meilleur de tes capacités et être un bon joueur à ta position, mais il y a toujours une partie de chance. Ma vision est d’attaquer et de foncer. Du moment que j’ai poursuivi le rêve de la NFL, il fallait mettre les chances de mon côté. »

L’imposant gaillard a bénéficié d’un bon soutien de son agent et de l’équipe pour bloquer toute distraction jusqu’au grand match. « Le Super Bowl transcende le football et le sport. C’est un événement qui est capable d’aller chercher tellement de monde de différentes sphères. Chaque Super Bowl que je regarde, je ne peux m’empêcher de regarder les statistiques comme le nombre d’ailes de poulet mangées qui témoignent de l’ampleur de l’événement. »

Arrivé au bon moment
Les années précédant l’arrivée de Laurent Duvernay-Tardif au sein des Chiefs de Kansas City ont été difficiles pour la formation du Kansas. L’équipe n’avait participé aux éliminatoires que quatre fois depuis le début des années 2000 et son dernier gain en janvier remontait à plus de 20 ans.

Le premier morceau du puzzle est arrivé avec l’embauche d’Andy Reid à titre d’entraîneur-chef, plus d’un an avant que les Chiefs repêchent Duvernay-Tardif. L’embauche a fini par payer le 9 janvier 2016 quand les Chiefs ont mis fin à une longue disette d’insuccès en éliminatoires en battant les Texans de Houston. Il s’agissait aussi de la première rencontre éliminatoire de Laurent.

« Andy Reid est un entraîneur dédié à son sport. Il a tellement une connaissance profonde du jeu. Pour moi, ça a été un coach, mais aussi un mentor qui a cru en mon projet de combiner la médecine avec le football. J’ai l’impression que je lui dois beaucoup pour ce qui m’est arrivé dans les six dernières années. »

Une autre pièce importante est arrivée à la fin avril au repêchage de 2017. Les Chiefs ont effectué une transaction avec les Bills de Buffalo pour parler au 10e rang du premier tour de l’encan et ainsi sélectionner le jeune quart-arrière Patrick Mahomes. Après sa saison recrue où il n’a disputé qu’une seule partie, Kansas City a échangé le vétéran quart Alex Smith afin de confier les rênes de l’attaque à Mahomes. Il a depuis récolté d’impressionnantes statistiques et décroché en 2018 un titre de joueur par excellence de la NFL.

« Depuis que Patrick Mahomes est entré dans le vestiaire, nous sommes tous très confiants en nos habiletés. On sait qu’on a une équipe extrêmement talentueuse. Avec notre nouvelle défensive, nous avons une équipe encore plus balancée pour être en mesure d’aller loin », a renchéri le Québécois.

Duvernay-Tardif a avancé que son équipe avait l’avantage à la position de quart-arrière avec « Pat » Mahomes. Il est toutefois d’avis que le front défensif des 49ers de San Francisco représentera le gros défi de la saison. « Nous avons offert à Pat une très bonne protection, a-t-il ajouté. Nous devons aussi continuer à prendre beaucoup de fierté à donner le plus de temps possible au meilleur quart de la ligue. Si nous sommes capables de faire ça, nos chances de gagner vont être augmentées. »

On connaîtra le résultat des courses dimanche prochain. Le botté d’envoi est prévu vers 18 h 30.

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