2 juin 2021
L’Arrière Scène
L’arche de Noémie, l’humanité à la dérive
Par: Olivier Dénommée
La nouvelle version de L’arche de Noémie met en scène quatre Noémie, jouées par Lamia Benhacine, Tracy Marcelin, Claudia Chan Tak et Marilyn Daoust (absente sur la photo).
Photo Suzane O’Neill

La nouvelle version de L’arche de Noémie met en scène quatre Noémie, jouées par Lamia Benhacine, Tracy Marcelin, Claudia Chan Tak et Marilyn Daoust (absente sur la photo). Photo Suzane O’Neill

Écrite par Jasmine Dubé, L’arche de Noémie traite de la réalité des réfugiés climatiques et de guerre dans le cadre d’une pièce de théâtre jeunesse. C’était pertinent à sa création il y a 25 ans, ce l’est toujours autant depuis que Jean-François Guilbault de L’Arrière Scène s’y est penché et ce l’est encore plus avec la réalité de la dernière année. Après quelques reports, la pièce a enfin été présentée en grande première dimanche au Centre culturel de Belœil.

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Seule dans sa barque à la suite d’une tempête qui a tout détruit, Noémie survit avec quelques vivres, un oiseau en cage et les souvenirs de sa vie d’avant. Le metteur en scène Jean-François Guilbault a voulu transformer ce monologue en texte à quatre voix originaires des quatre coins du monde. « Les quatre versions de Noémie ont toutes leurs propres origines, leur propre personnalité et s’adressent à une différente tranche d’âge », explique celui qui s’est avoué ébranlé par l’image tragique du jeune Alan Kurdi, ce jeune migrant syrien retrouvé noyé en 2018. Pour lui, L’arche de Noémie est une pièce sur la résilience et les différentes tempêtes que traverse Noémie représentent les crises d’anxiété que de plus en plus de jeunes vivent au quotidien. « Et la pandémie m’a forcé de mettre plus d’espace entre les Noémie, ce qui ajoute à l’effet d’isolement », note le directeur artistique de L’Arrière Scène.

Depuis la première mondiale, Jean-François Guilbault a récolté quelques commentaires de jeunes qui ont assisté au spectacle. Plusieurs jeunes ont eux-mêmes fait un lien entre les défis de Noémie et les crises d’anxiété qu’ils peuvent vivre, signe que le spectacle a bel et bien atteint sa cible. Le metteur en scène croit que la pièce pourra résonner très fort lorsqu’elle sera présentée en tournée dans des secteurs avec un fort taux de population immigrante. « Les comédiennes disent des mots dans leur langue maternelle. On peut donc entendre de l’arabe, du cantonais et du créole. À Belœil, on a encore un public majoritairement blanc, mais je crois qu’à Montréal-Nord par exemple, le fait d’entendre quelqu’un parler en créole au théâtre va en accrocher plusieurs dès le début de la pièce. »

Optimisme prudent
Jean-François Guilbault peut donc dire « mission accomplie » pour L’arche de Noémie et déjà commencer à penser à la prochaine création originale de L’Arrière Scène, basée sur des textes de Serge Marois, fondateur de la compagnie. Le processus est encore embryonnaire, mais on pourrait voir le résultat sur scène dès l’automne 2022 ou l’hiver 2023. D’ici là, L’Arrière Scène doit encore composer avec un calendrier chamboulé puisque la programmation 2021-2022 ne sera dévoilée qu’à l’automne. Malgré son optimisme, le directeur artistique ne prévoit pas un retour complet à la normale dans les salles de spectacle avant l’hiver prochain. Il continue de suivre l’évolution des directives de la santé publique d’ici les prochains mois.

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