10 juin 2015
L’animation à la vie spirituelle et l’engagement communautaire menacée
Par: Karine Guillet
L'animatrice à la vie spirituelle et engagement communautaire, Louise Gauthier dans son local de l'école du Mont-Bruno

L'animatrice à la vie spirituelle et engagement communautaire, Louise Gauthier dans son local de l'école du Mont-Bruno

ÉDUCATION. Avec une réduction de 66% de ses effectifs, le service d’animation spirituelle et d’engagement communautaire(SASEC) sera particulièrement touché par les coupes budgétaires à la Commission scolaire des Patriotes.

À l’école secondaire du Mont-Bruno, le local de vie communautaire de Louise Gauthier accueille une cinquantaine d’élèves tous les midis. Des jeunes avec un peu moins d’aptitudes sociales viennent y interagir.

Mme Gauthier fait partie des quatre animateurs à la vie culturelle qui devront desservir la totalité du territoire des Patriotes. L’équivalent de huit postes d’animateurs à la vie spirituelle et communautaire (AVSEC) sur 12 seront supprimés avec l’adoption du budget de la CSP, le 23 juin.

Avec 8000 élèves à sa charge l’an prochain, Mme Gauthier soutient qu’elle devra faire des choix difficiles. Chose certaine, elle maintient qu’elle ne pourra plus être aussi présente pour les élèves. «Toutes les connexions qu’on fait dans le milieu: l’élève par rapport à lui-même, aux autres, à sa communauté. Je n’arrive pas à faire le deuil de ça, parce que nous n’aurons plus le temps de faire ça. Ça prend du temps et de la présence», lance-t-elle.

 

Démantèlement du service

Déjà, Mme Gauthier peine à s’imaginer à quoi pourrait ressembler le SASEC l’an prochain. «Avec une décision comme ça, c’est une transformation radicale du service. J’oserais dire que c’est même un démantèlement.»

Ce service est pourtant l’un des douze services complémentaires auxquels les élèves ont droit selon la Loi sur l’instruction publique. Il est identifié par le ministère de l’Éducation comme un «moyen privilégié de contribuer au développement intégral des élèves.»

L’animatrice Cindy Medina-Labrecque, qui travaille entre autres à l’école secondaire Ozias-Leduc, croit que cette transformation du service pourrait signifier une absence des animateurs à la vie spirituelle des écoles primaires. Au secondaire, elle soutient que plusieurs comités auxquels participent des animateurs pourraient être touchés.   «Une des façons dont nous créons le changement, c’est à travers les activités, mais surtout grâce au lien que nous développons avec l’élève. Mais un lien, on ne crée pas ça en quelques minutes», ajoute-t-elle.

Accompagner les élèves

Le travail des animateurs de vie spirituelle et d’engagement communautaire s’effectue en première ligne. Il leur arrive parfois de dépister des troubles et ils sont souvent le lien qui unit les écoles au milieu communautaire.

Plus précisément, ils aident les jeunes à se construire tout en développant le sens de l’appartenance au moyen d’actions et d’introspection. Ils accompagnent aussi les élèves dans leurs projets personnels. «À travers leur projet, nous leur faisons développer leur leadership, leur créativité, leur capacité d’organisation, d’animation et toute la notion de respect et de souci de l’autre», explique Mme Gauthier.

Ils sont parties prenantes des activités de transitions pour les élèves qui quittent le primaire vers le secondaire ou à la fin du secondaire. Les plans de lutte à l’intimidation, que les écoles ont l’obligation de produire, sont aussi souvent réalisés avec leur collaboration. À la CSP, des animateurs avaient mis sur pied le projet Je m’emballe autrement, qui visait à créer sa tenue de bal avec moins de 50$. À l’école secondaire Polybel, c’est encore un animateur qui a mobilisé le milieu pour planter des arbres sur le terrain de l’école.

L’an prochain, le local de vie communautaire de l’école secondaire du Mont-Bruno devra se trouver une autre vocation. Mme Gauthier ne croit plus qu’elle aura le temps de s’en occuper. «Au local, je suis toujours là, il y a une personne de référence. Là, il n’y en aura plus. Que deviendra ce local? Il aura probablement une autre vocation, mais il n’y aura personne pour le faire vivre.»

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