26 juin 2020
L’ancien DG de Mont-Saint-Hilaire partage son expérience en gestion
Par: Denis Bélanger

Daniel Desroches occupait la direction générale de Mont-Saint-Hilaire au moment de prendre sa retraite à la fin 2018. Photo gracieuseté

Revendiquant plus d’une quarantaine d’années d’expérience, l’ancien directeur général de Mont-Saint-Hilaire et résident de Belœil, Daniel Desroches, a décidé de partager quelques trucs et conseils de gestion municipale dans son livre Gérer une municipalité… Avec et pour des humains.

Publicité
Activer le son

Ayant quitté la direction générale de Mont-Saint-Hilaire le 31 décembre 2018 pour prendre sa retraite, M. Desroches a su se maintenir occupé et près du milieu de la gestion publique. Il effectue présentement un mandat pour appuyer le directeur général de Chambly. Le Belœillois a aussi préparé des formations.

L’idée du livre a germé dans son esprit après qu’il eut reçu une commande de la Corporation des officiers municipaux agréés du Québec (COMAQ). Il a commencé l’écriture à l’automne pour terminer son ouvrage après les fêtes.

Daniel Desroches a réalisé ce projet pour faire un transfert de connaissances et de réflexion. « Ce n’est pas l’ultime vérité, ce n’est que la mienne. L’ouvrage s’adresse aux gestionnaires municipaux et aux élus; une Ville m’en a déjà d’ailleurs acheté. »

L’ouvrage contient des exemples et des références à certains élus. M. Desroches a pris soin de retirer certains éléments pour éviter que l’on reconnaisse certaines personnes. Rappelons qu’avant de prendre les rênes de Mont-Saint-Hilaire, Daniel Desroches a notamment travaillé à Saint-Jean-sur-Richelieu, Brossard et Belœil.

La relation avec les élus

Dans son ouvrage, Daniel Desroches traite évidemment de la relation entre les gestionnaires et les élus. Il est d’avis que le respect et la compréhension des rôles de chacun dans une Municipalité sont la clé d’un bon fonctionnement. Des tensions entre les deux sphères peuvent alourdir le travail alors que l’employé municipal va se rabattre complètement sur la procédure à suivre, sans y déroger d’un seul centimètre. « Nous avons beau regarder les rôles, dans les lois, c’est écrit sommairement. Le DG a des pouvoirs du maire, le maire a des pouvoirs du DG et le maire aussi peut penser qu’il a d’autres pouvoirs de DG. Ce n’est pas évident. »

Selon M. Desroches, une nouvelle génération d’élus est apparue depuis la Commission Charbonneau, ce qui complexifie la tâche des gestionnaires. « D’un côté, tu as des élus qui veulent gérer la Ville au sens du même terme. De l’autre côté, tu as des administrateurs qui sont formés pour administrer en fonction de la loi, laquelle les élus veulent parfois changer. Ça crée des confrontations. Est-ce bon ou pas ? On ne le sait pas. C’est un changement de paradigme qu’il faut tenter de comprendre, ce qui permettrait d’éviter bien des passions. »

Défi et style de gestion

L’ouvrage permettra d’apprendre la vision de Daniel Desroches sur son style de gestion basée sur la confiance de l’équipe qui l’entoure. « Nous ne pouvons pas tout faire et tout connaître. Au niveau de la réalisation des dossiers, il faut s’appuyer sur les spécialités et les compétences de chacun et [aider l’équipe] à les développer pour permettre un épanouissement. »

M. Desroches estime d’ailleurs que le prochain défi des gestionnaires municipaux se situe dans la gestion des ressources humaines. « Nous sommes en plein dedans. Aujourd’hui, pour plusieurs personnes, dans les priorités individuelles, je ne suis pas sûr que le travail arrive en premier. C’est maintenant le résultat qui compte et non pas le temps que ça a pris. Le DG doit donc jouer un rôle de coach dans ses équipes. »

Daniel Desroches parle évidemment des citoyens qui font partie de cette « commune dans laquelle tout le monde a contribué » pour se donner un service. M. Desroches s’est d’ailleurs toujours assuré d’améliorer le service aux citoyens. «Pour ce faire, il faut être à l’écoute du milieu et aller valider ainsi que vérifier sur le terrain. »

M. Desroches a pu réaliser ce projet avec l’aide de sa fille Josiane Desroches. C’est l’entreprise de cette dernière, La Boîte à Souvenirs, qui a publié le livre et évité à l’ancien gestionnaire de faire de nombreuses démarches pour dénicher un éditeur.

image