1 mai 2020
L’aide humanitaire coordonnée à partir de la maison
Par: Denis Bélanger

Jusqu’à maintenant, 6000 masques ont été confectionnés par des couturières locales. Photo gracieuseté

Jusqu’à maintenant, 6000 masques ont été confectionnés par des couturières locales. Photo gracieuseté

La crise de la COVID-19 ne ralentit pas les efforts d’aide humanitaire en Haïti du résident d’Otterburn Park Antonio Di Lalla. Le président de l’organisme Action-Haïti coordonne à partir de chez lui les efforts déployés pour endiguer la propagation du virus dans ce pays des Caraïbes.

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Antonio Di Lalla s’implique depuis de nombreuses années au sein de l’organisme pour assurer l’éducation et la scolarisation des habitants d’Haïti. Cet hiver, il en était à son 16e voyage. L’enseignant de français a notamment construit une école en montagne en 2007 dans la région de Grand-Goâve, laquelle a dû être reconstruite à la suite du séisme de 2010. Pour sa plus récente escale, qui s’est terminée à la fin février, il a eu le temps de plancher notamment sur l’organisation d’une bibliothèque et la planification de l’ouverture d’une classe de 9e année. Il était revenu plus tôt au pays en raison de la situation politique.

Mais plusieurs semaines après son retour au pays, M. Di Lalla a eu un message inquiétant d’un des parrainés de l’organisme qui rapportait que des gens ne connaissent même pas l’existence du virus et des moyens de prévention. «Les autorités n’ont pas les moyens suffisants pour combattre cette pandémie. Avec un système sanitaire dysfonctionnel, un déficit de crédibilité de l’État, les gens qui vivent au jour le jour rendent le confinement pratiquement impossible », écrivait le résident d’Haïti.

Des masques et des seaux d’eau

Les membres d’Action-Haïti ont ainsi refusé de rester les bras croisés devant la situation dont ils ignorent la véritable ampleur. « Combien de personnes sont infectées ? On ne le sait pas, souligne M. Di Lalla. Combien de décès ? On ne le sait pas. Combien de personnes aux soins intensifs ? Haïti n’offre pas ce service. »

D’un côté, une équipe travaille sur place à la fabrication de 6000 masques pour la population de Grand-Goâve. Ces masques sont confectionnés par des couturières locales formées dans les écoles Mireille Roy (Les Artisans de paix), fondées en 2007. Mme Laguerre et Mme Docteur dirigent cette production.

Les masques sont distribués gratuitement par Gérald Michel et Franky Normil, deux proches collaborateurs en qui Antonio Di Lalla a pleine confiance. « Ce n’est pas trop déchirant de ne pouvoir être sur place, car il y a des gens de confiance et autonomes sur le terrain. »

Action-Haïti a aussi investi dans l’achat de 350 seaux d’eau avec robinet et de 84 caisses de 24 pains de savon destinés au lavage des mains.

Pour la coordination des efforts, M. Di Lalla peut compter sur l’aide de la vice-présidente d’Action-Haïti et résidente de Saint-Marc-sur-Richelieu, Maryse Bouthillette. Elle s’implique en Haïti depuis une vingtaine d’années et a dû écourter son voyage en mars en raison de la COVID-19.

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