5 décembre 2019
La Ville de Belœil rejette un club sportif pour un autre
Par: Sarah-Eve Charland

« On veut que les gens jouent au pickleball. On va tout mettre en place ce qu’il faut et on va s’occuper des gens de Belœil », souligne Marcel Lapointe, du Club de Belœil. Photothèque | L’Œil Régional ©

Le Club de pickleball de la Vallée-du-Richelieu (CPVR) utilisait les plateaux sportifs à Belœil depuis quatre ans. Après la formation d’un autre organisme, le Club de pickleball de Belœil en septembre 2019, la Ville a choisi de privilégier le deuxième organisme en enlevant ainsi l’opportunité au premier de pratiquer son sport sur le territoire de Belœil en raison de sa politique de reconnaissance et de soutien aux organismes.

Marc-Anthony Dubuc et Jean-Luc Gauthier, tous deux joueurs de pickleball du CPVR, ont dénoncé la situation par une pétition et prétendent que leur organisme répond aux exigences de la politique de reconnaissance. Parmi les conditions pour obtenir la reconnaissance de la Ville, 20 % des membres d’un organisme doivent provenir de Belœil, les membres doivent détenir la carte Accès et l’organisme doit œuvrer sur le territoire de la ville.

Le CPVR comptait 231 membres aux inscriptions de septembre, dont 87 provenaient de Belœil et 62 de Mont-Saint-Hilaire. Dans la pétition, les signataires affirment être prêts à exiger la carte Accès et à prioriser les joueurs de Belœil aux autres joueurs dans la planification des plages horaire afin de remplir les critères de la Ville.

Une autre raison de favoriser le nouvel organisme, selon la mairesse Diane Lavoie, est que la politique de reconnaissance privilégie les organismes de Belœil devant les organismes régionaux. La Ville considère le CPVR comme un organisme régional et le Club de Belœil comme un organisme local.

Pourtant, L’ŒIL n’a trouvé aucun passage explicite dans la politique de reconnaissance et de soutien aux organismes qui souligne que les organismes de Belœil sont privilégiés. La porte-parole de la Ville, Caroline Nguyen Minh, souligne que ce détail est implicite si on lit la politique disponible sur le site Internet. Dans ce document, qui se veut une version simplifiée du premier document Tout en reconnaissant une dynamique régionale, le citoyen de Beloeil demeure au centre des priorités, la porte-parole cite le passage suivant pour appuyer ses dires : « Les organismes doivent être en lien avec la mission de la direction des loisirs, de la culture et de la vie communautaire. » Cette direction prévoit favoriser la participation massive de tous les citoyens aux différentes activités de loisir et l’engagement de la population dans l’élaboration et la promotion de l’offre de services, ajoute-t-elle.

Et même si la politique affirme « que la formation d’un nouvel organisme ne doit pas intervenir dans le même créneau qu’un organisme déjà reconnu à moins que les besoins locaux ne soient pas comblés », le fait que le nouvel organisme soit plus « local » primerait selon la réponse de Mme Nguyen Minh.

De plus, le fait que le nouveau club soit né de l’initiative d’un citoyen de Belœil prime, selon Mme Lavoie, même si le CPVR possède plus de membres de Belœil que le nouvel organisme.

La porte-parole de la Ville ajoute que le Club de Belœil est davantage un club de Belœil puisque la Ville peut mieux garantir le nombre de joueurs résidant à Belœil, car c’est la Ville qui gère les inscriptions, ce qui n’est pas le cas actuellement avec le CPVR. Pourtant, le CPVR, s’il était reconnu comme tout organisme reconnu par la Ville de Belœil, aurait l’obligation de fournir une liste des membres ainsi que leur numéro de carte Accès.

Autre contradiction : la mairesse a souligné en séance du conseil que le nouveau club de Belœil n’avait pas l’exclusivité concernant l’accès aux plateaux de jeu de la ville. Toutefois, la direction des loisirs a envoyé une lettre au Club de Belœil, dont l’ŒIL a obtenu copie, pour lui signifier qu’il avait l’accès exclusif aux terrains de jeu à Belœil ce qui enlève l’accès au CPVR.

Le nouveau club

Le Club de Beloeil compte au moment de mettre sous presse 65 inscriptions pour la session hivernale, dont 45 de Belœil. Notons que le fondateur du nouveau club est également le fondateur du CPVR il y a quatre ans.

« On accepte tout le monde à partir du moment que les gens ont leur carte Accès Belœil. […] Cet hiver, les gens déjà inscrits pourront garder leur priorité [même s’ils ne sont pas de Belœil]. À l’automne 2020, on va prioriser d’abord les gens de Belœil, ensuite ceux de Mont-Saint-Hilaire et après tous ceux qui veulent jouer », affirme l’un des fondateurs du nouveau club, Marcel Lapointe.

Ce dernier en compagnie des autres fondateurs a tenté en vain de collaborer avec le CPVR à plusieurs reprises, soutient M. Lapointe. Ce dernier souhaitait une transition harmonieuse tout en récupérant des équipements parce qu’il jugeait que les équipements appartenaient aux membres même si ces derniers quitteront le club pour un autre. Le Club de Belœil a finalement choisi de déposer deux demandes de subvention, une auprès de la Ville de Belœil et une auprès du député de Borduas pour acquérir les équipements nécessaires.

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