10 décembre 2015
La Vallée a un immense potentiel archéologique
Par: Karine Guillet
L'archéologue Michel Gagné croit la région a un fort potentiel archéologique.

L'archéologue Michel Gagné croit la région a un fort potentiel archéologique.

CULTURE. La région de la Vallée-du-Richelieu a peut-être autrefois abrité de gros villages amérindiens, croit un archéologue derrière la découverte du plus important village iroquois jamais mis au jour au Québec.

«Pour le Richelieu, nous en connaissons très peu, signale l’archéologue grandbasilois Michel Gagné. Il y a un village qui a été trouvé à Sorel-Tracy et quelques petits sites qui ont été identifiés, mais à part ça, c’est tout. Il n’y a pas eu de recherches. Personne ne s’est intéressé au secteur.»

Pour le moment, la MRC Vallée-du-Richelieu compte six sites archéologiques connus de la période préhistorique; deux à Carignan, près des rapides Fryers, un à côté du Fort Chambly, un près du ruisseau Massé, un sur la rivière Campbell et un près du manoir Rouville-Campbell, à Mont-Saint-Hilaire.

Deux sites potentiels

Selon les observations de l’archéologue, la région représente un immense potentiel archéologique.  Il croit le piedmont du mont Saint-Hilaire, du côté de la rivière Richelieu, de même qu’une terrasse dans le boisé de Saint-Amable, près de Saint-Mathieu-de-Beloeil, seraient des sites avec un fort potentiel de découverte archéologique.    

Les conclusions de l’expert se basent sur des dizaines de documents d’études de potentiel archéologique, d’études de la végétation potentielle avant le développement urbain et de composition des sols ainsi que sur les découvertes dans la région.

Les sols de ces deux zones sont sablonneux, sols sur lesquels les Iroquois construisaient leurs villages. On y retrouve également la pruche, conifère qui servait aussi de base à la construction des maisons amérindiennes. «[Sur le mont Saint-Hilaire] il y a un lac important. En plus, [Jacques] Cartier nous indique qu’il a déjà monté sur le Mont-Royal avec les Iroquois. Il y a bien des chances qu’on ait monté sur les sommets ici aussi», explique-t-il.

Pas encore de suite

L’expert consigne ses découvertes dans un rapport d’une quarantaine de pages sur le potentiel archéologique de la région qu’il a réalisé pour le compte de la MRC Vallée-du-Richelieu. Un travail de près de 300 heures qu’il aimerait voir porter plus loin par la MRC.

Les élus de la région n’ont pas encore statué sur les suites à donner à l’étude. Le document sera déposé à la séance publique de janvier. Le comité culturel de la MRC devrait également se pencher sur le document et émettre des recommandations.

Pour le fondateur de la Maison amérindienne de Mont-Saint-Hilaire, le sculpteur André Michel, cette nouvelle étude confirme ce qui a servi de prémisse de base à la naissance de la Maison amérindienne. Il dit cependant que le Maison amérindienne n’a pas d’intérêt à voir des fouilles se réaliser sur le site de l’érablière, afin de protéger le site. «L’intéressant, c’est de savoir que oui, il y avait des Amérindiens qui ont laissé des traces», dit-il.  

Ce morceau de poterie a été trouvé par un guide de la Maison amérindienne de Mont-Saint-Hilaire, il y a quelques années.

C’est un citoyen qui a découvert par hasard cet objet, alors qu’il effectuait des travaux sur sa propriété, sur la Fontainebleau à Mont-Saint-Hilaire

Cette hache de 4000 ans a été trouvée par hasard, à Saint-Mathieu-de-Belœil.

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