30 novembre 2017
La valeur d’une opinion
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Encore cette semaine, notre équipe a dû assurer une certaine modération sur un post Facebook de l’un de nos articles parce que les commentaires de certains internautes étaient truffés de fausse information. C’est tellement rendu la norme que c’est devenu banal en cet air des fake news et de post-vérité de tolérer les informations inexactes si on se les fait cracher au visage avec un tant soit peu de conviction. Ben oui, la médaille, semble-t-il, doit toujours avoir un revers, non?

J’en suis pourtant venu à m’épuiser des réseaux sociaux, moi qui ai été le premier défenseur de ces plateformes. Pas une journée ne passe sans que je lise une absurdité, une demi-vérité ou une opinion basée sur n’importe quoi, sauf un fait vérifiable.
En même temps, je comprends les gens de vouloir commenter ou partager leur opinion. Moi-même, j’ai la chance et le privilège d’écrire dans ces pages chaque semaine depuis plus de cinq ans. Donc, je suis mal placé pour faire la leçon à ceux qui veulent s’exprimer sur le seul médium qui leur accorde un espace de discussion.
Toutefois, toute opinion n’est pas bonne à partager. Je n’ai pas la prétention d’être toujours le plus pertinent avec ma plume, mais je m’impose toutefois un guide lorsque j’écris dans cette page: parler de choses que je connais ou de dossiers que je maitrise minimalement. Sinon, je tente de me renseigner du mieux que je peux. Et si à la fin, je ne maitrise pas un sujet, mais que je dois l’aborder quand même, je tente d’avertir le lecteur que mon opinion est celle d’un profane, une opinion basée sur le gros bon sens, mais sans aucune valeur scientifique.
Je perds parfois ce réflexe en ligne. Sur Facebook, je suis plus prompt à la réaction. Mais je reste bien moins rapide que d’autres. Il y a toujours la petite cloche journalistique qui sonne. L’idée d’un devoir de réserve qui me fait penser à deux fois avant d’appuyer sur la touche «Entrée».
Vous seriez étonnés du nombre de mes commentaires Facebook que j’efface avant publication. Parfois, parce que je ne suis pas certains de mon propos. Parfois, je me demande si ça va vraiment être reçu comme je le pense. La plupart du temps, je me demande si c’est vraiment utile et je finis par effacer mon message.
Et je me sens tellement mieux.
Je me sens aussi tellement mieux depuis quelques années; j’ai cessé d’avoir une opinion sur tout. Ou tout de moins, d’avoir une opinion tranchée. Le port de la burka m’aurait fait crier sur les toits il y a quelques années. Mais puisque je ne maitrise pas tous les concepts du débat, je me garde aujourd’hui une petite gêne.
Désolé pour le ton moralisateur aujourd’hui, mais ça me fait du bien et si en plus ça peut permettre d’éliminer deux ou trois «posts» boiteux, ça aura servi à ça!

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