27 mai 2016
La sécurité s’améliore sur Sainte-Anne de façon inexplicable
Par: Karine Guillet
La rue Sant-Anne a glissé de la troisième à la 1186e position en deux ans, sans explication.

La rue Sant-Anne a glissé de la troisième à la 1186e position en deux ans, sans explication.

SÉCURITÉ. Le passage à niveau de la rue Sainte-Anne, à Mont-Saint-Hilaire, était considéré comme le troisième plus à risque d’accident au pays, selon un palmarès réalisé par Transport Canada en 2014. Deux ans plus tard, l’endroit se retrouve en 1186e position de ce même palmarès, une amélioration fulgurante que Transport Canada n’est pas en mesure d’expliquer.

Le passage à niveau n’a fait l’objet d’aucune amélioration depuis les deux dernières années, confirme Pierre-Yves Boivin, le porte-parole du Canadien National, propriétaire de la voie ferrée. 

Selon la liste des passages à niveau les plus à risque d’accident publiée par Radio-Canada, le passage à niveau de la rue Sainte-Anne était le passage à niveau le plus dangereux du Québec en 2014.  

La liste de 2014 faisait état d’un accident à l’intersection de la rue Sainte-Anne, sans blessé ni décès. Cette année, aucun accident n’avait été recensé. Un employé municipal l’avait toutefois échappé belle en février 2015, alors qu’il avait dû sortir <I>in extremis<I> de sa chenillette à déneigement, coincée sur la voie ferrée, avant que celle-ci ne soit emboutie par un train.

La liste, mise à jour par Transport Canada à la fin du mois d’avril 2016, dresse l’inventaire de quelque 21 000 passages à niveau à travers le pays selon leur potentiel d’accident. Comme en 2014, la liste est générée par l’outil Grade X, une application web développée par un groupe de recherche de l’université de Waterloo.

Selon Transport Canada, l’outil prend en compte l’historique d’accident, la vitesse permise des trains et des véhicules, le nombre de voies de circulations automobiles et ferroviaires, l’emplacement en milieu rural ou urbain et le volume de circulation.

«Il est à noter qu’il ne s’agit pas d’une liste complète de tous les facteurs. Elle n’inclut pas d’autres facteurs importants qui permettent d’évaluer les risques, tels que les lignes de visibilité, la déclivité, l’angle et la proximité aux intersections», fait savoir Transport Canada.

Déjà très sécuritaire

Le maire de Mont-Saint-Hilaire, Yves Corriveau, confirme qu’il était au courant que la traversée de la rue Sainte-Anne figurait dans ce palmarès de 2014. Il s’expliquait toutefois mal comment le passage à niveau a pu y figurer étant donné que de nombreuses mesures sont en place pour garantir la sécurité des usagers de la route.

«On pense que [Transports Canada] ne s’est pas informé. On pense que le fait qu’il soit le troisième plus dangereux au Canada, c’est parce qu’il est le plus achalandé au Canada. On sait qu’il y a des matières dangereuses qui passent, des autos, des piétons, des élèves. Dans les faits, nous n’avons pas d’incidents à nommer à quelques exceptions.»

Le passage est déjà équipé de signaux clignotants, de cloches, de barrières pour piétons et des lumières DEL. Une brigadière est présente à la sortie des classes au passage à niveau et le CN a déplacé certains petits bâtiments à proximité du passage afin d’améliorer la visibilité.

Investissements nécessaires

Le député néo-démocrate de Belœil-Chambly, Matthew Dubé, s’est pour sa part dit très inquiet de voir que le passage à niveau était considéré parmi les plus à risque d’accident au pays en 2014. Il souhaite rencontrer le groupe Convoi Citoyen afin de travailler sur l’enjeu de la sécurité des passages à niveau.

Il s’inquiète par ailleurs que, selon Radio-Canada, plusieurs maires n’étaient pas au courant de l’existence de ladite liste. «Le besoin de davantage d’investissement est là. C’est encore les conséquences du laisser-aller qu’il y a eu. C’est quelque chose auquel on veut mettre fin.»

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