18 juillet 2019
Retrait d’un dos d’âne
La sécurité inquiète sur la rue Colibri
Par: Sarah-Eve Charland

La pancarte fluorescente a été à nouveau fixée après qu’elle ait été arrachée il y a quelques semaines. Photo Sarah-Eve Charland | L’Œil Régional ©

Un résident de la rue Colibri, Simon Henry, s’inquiète de la sécurité sur la rue depuis le retrait d’un dos d’âne l’année dernière. Après de multiples interventions auprès de la municipalité, il déplore qu’aucune mesure significative n’ait été mise en place pour réduire la vitesse des automobilistes.

Le résident, ambulancier de métier, souligne que la rue Colibri est large et droite, ce qui permet aux automobilistes d’accélérer facilement. La rue se situe dans un quartier jugé familial. Un corridor scolaire longe cette artère.

« Ce ne sont pas nécessairement des gens de mauvaise foi, mais on doit se protéger contre nous-mêmes. Je le vois avec mon travail. Des fois, on n’y pense pas, on est pressé et on va peser plus sur la pédale. C’est à ce moment-là que des accidents arrivent », souligne-t-il.

En juin 2018, des résidents de la rue se sont plaints des vibrations créées par le dos d’âne lorsque des véhicules circulaient, craignant même des dommages aux fondations de leurs maisons. La Ville a envoyé des lettres aux citoyens du secteur demandant leur avis sur la présence du dos d’âne. Les citoyens devaient retourner la lettre en mentionnant s’ils étaient en faveur ou non du retrait du dos d’âne. Belœil a comptabilisé 22 citoyens favorables et 4 en désaccord.

Le dos d’âne a été retiré à l’été. M. Henry avait alors demandé une mesure alternative afin d’inciter le ralentissement des voitures. Au printemps suivant, il a contacté la conseillère municipale du district, Odette Martin. Après quelques appels, une pancarte fluorescente a été installée, de façon temporaire, sur la rue. Quelques jours plus tard, l’affiche a été arrachée et s’est retrouvée sur le terrain d’une résidence.

« Des dos d’âne poussent partout à Montréal pour ralentir les gens. Ça va contre les principes de la sécurité d’enlever un dos d’âne à cause de deux ou trois citoyens. Je n’aurais pas pensé ça possible.

À tout le moins, on devrait avoir une solution au moment de l’enlever afin de ne pas laisser ça traîner », croit M. Henry.

Des mesures en place d’ici fin juillet

La conseillère municipale Odette Martin souligne que le comité de sécurité s’est penché sur la question, mais a écarté l’idée des bacs à fleurs, jugeant un risque de collisions. La pancarte fluorescente, de type Ped-Zone, sera à nouveau installée de manière à ce qu’elle soit permanente. Deux bollards seront aussi implantés afin d’inciter les automobilistes à ralentir en plus d’une affiche. S’il est nécessaire, on y ajoutera du marquage de rétrécissement de la chaussée.

Les mesures devraient être en place d’ici la fin juillet, s’est engagée la mairesse de Belœil, Diane Lavoie, lors de la dernière séance du conseil municipal.
Mme Martin reconnaît que la rue est relativement achalandée, mais qu’il est surtout facile d’y accélérer puisqu’on n’y retrouve pas d’arrêt sur une longue distance. « Ils n’auront plus le choix de ralentir. […] Il y a beaucoup d’enfants dans le secteur, qui jouent dans la rue. Il faut en tenir compte. »

Depuis un an, la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent n’a reçu aucun avis ou rapport touchant la vitesse sur la rue Colibri.

Les démarches visant à réduire la vitesse dans les rues résidentielles à 40 km/h se poursuivent. Une étude de circulation est en cours. Si elle est concluante, le projet pourrait être implanté dès 2020.

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