28 septembre 2017
Fentanyl
La Santé publique de la Montérégie inquiète
Par: Karine Guillet

photo:Alert

Des cas de surdose aux opïodes et la présence de fentanyl à Montréal inquiètent la Direction de la santé publique de la Montérégie (DSP). La Santé publique veut un portrait de la situation pour mieux lutter contre cette drogue qui fait des ravages dans l’ouest du pays.

Selon un appel à la vigilance distribué par la DSP au début de septembre, les trois cas de surdose présumées aux opioïdes, dont fait partie le fentanyl, recensés récemment en Montérégie, ont été renversés par l’administration de naloxone, un médicament permettant de contrer la dépression respiratoire. Difficile toutefois de savoir si ces surdoses sont liées au fentanyl, puisqu’il faudrait une analyse du Centre de toxicologie du Québec.

La Montérégie est la deuxième région où il y a le plus d’ utilisateurs de drogue par injection après Montréal. À Montréal, la police a d’ailleurs confirmé au moins deux décès liés au fentanyl cet été. «En Montérégie, ça nous préoccupe particulièrement à cause de notre proximité de Montréal, explique Dre Julie Loslier, directrice de la DSP. On sait que la drogue, comme les personnes, traverse le pont. S’il y a du fentanyl à Montréal, il y en a assurément qui circule en Montérégie».

Le fentanyl est une une drogue de la catégorie des opiacés 100 fois plus puissant que la morphine et 40 fois plus puissant que l’héroïne. La drogue inquiète d’autant plus que dans certains cas, des utilisateurs la consomment sans même le savoir, puisqu’elle se retrouve coupée dans certaines drogues de rue comme l’héroïne.

La DSP de la Montérégie souhaite d’abord avoir un portrait des surdoses sur son territoire. Elle demande pour le moment au personnel médical de lui signaler toute situation de surdose aux drogues de rue. Elle souhaite également entamer des démarches similaires auprès des premiers répondants, des policiers et des travailleurs de proximité. «Ça vous nous aider, selon le nombre et le lieu, à identifier une ampleur de problème, ce qu’on doit mettre à place et s’il y a des zones à mieux cibler», dit-elle.

Le ministère compte également donner gratuitement accès au naloxone à tous. Selon Dre Loslier, le produit est simple et sécuritaire à administrer. Les policiers et les ambulanciers auront aussi le droit d’injecter le produit en cas de surdose. Les ambulanciers de la Montérégie ont d’ailleurs été formés pour administrer le naloxone en cas de besoin, confirme Dre Loslier. La Santé publique amorce son travail auprès des premiers répondants, comme les policiers et les pompier.

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