25 octobre 2017
Le monstre – la suite
La saga se termine pour Ingrid Falaise
Par: Olivier Dénommée
Le monstre – la suite conclut l'histoire d'Ingrid Falaise qui avait levé le voile sur la dure réalité de la violence conjugale et brise le mythe voulant que ce sont seulement les femmes issues des milieux défavorisés qui endurent cet enfer. Photo: Andréanne Gauthier

Le monstre – la suite conclut l'histoire d'Ingrid Falaise qui avait levé le voile sur la dure réalité de la violence conjugale et brise le mythe voulant que ce sont seulement les femmes issues des milieux défavorisés qui endurent cet enfer. Photo: Andréanne Gauthier

Le Québec n’est pas resté indifférent après le lancement de Le monstre, récit autobiographique où la comédienne Ingrid Falaise s’ouvrait sur l’enfer de la violence conjugale qu’elle a vécu au tournant de la vingtaine, jusqu’à ce qu’elle décide de quitter son «monstre». Mais une question subsistait: et après? Deux ans plus tard, elle répond enfin à cette question dans Le monstre – la suite, qui conclut cette difficile saga.

L’Hilairemontaise Ingrid Falaise est plus sereine que jamais depuis le lancement de son dernier livre, fin septembre. «Je reçois des dizaines de messages par jour des lecteurs qui ont été touchés par mon histoire. Je leur réponds tous pour les remercier. Pour moi, la saga se termine et les gens qui ont lu Le monstre se sont un peu reconstruits en même temps que moi», affirme-t-elle.
Cette suite était devenue nécessaire, autant pour exposer au grand jour ses tendances autodestructrices qui ont suivi sa relation que pour montrer aux lectrices que le chemin à parcourir pour atteindre la guérison après la violence conjugale est souvent long et tortueux, mais qu’il est véritablement possible de s’en sortir plus forte. Dans le cas d’Ingrid Falaise, son processus complet s’est étalé sur 800 pages.
Engouement
«Le monstre a connu un grand succès après mon passage à Tout le monde en parle, mais Le monstre – la suite était très très très attendu! Je n’ai pas les premiers chiffres de vente, mais je sais qu’on est déjà en réimpression. J’ai droit à une très belle dose d’amour», insiste l’auteure. Elle précise cependant que si l’histoire semble s’adresser avant tout aux femmes qui ont vécu ou qui vivent la violence conjugale sous toutes ses formes, elle ratisse beaucoup plus large. «On a tous côtoyé un manipulateur narcissique, que ce soit un membre de sa famille, un conjoint, un ami, un collègue de travail… Le cycle et la reconstruction sont les mêmes pour tous.»
Selon elle, même les jeunes adolescentes «capotent» sur ses livres, les voyant un peu comme des romans à suspense, malgré son caractère autobiographique. «Ça permet de les sensibiliser très jeunes», soutient-elle.
Briser le silence
Car combattre la violence conjugale passe tout d’abord par l’éducation, autant à l’école que dans les médias, estime Ingrid Falaise. «Il n’y a pas assez de pubs à la télé pour sensibiliser à cette réalité. Il faudrait aussi commencer à appeler ça la « violence amoureuse », pour que les jeunes se sentent plus concernés.» Finalement, il est aussi impératif pour toute victime de briser le silence pour rendre ce sujet moins tabou. «L’histoire de Daphné Boudreault (cette jeune femme de Mont-Saint-Hilaire assassinée par son ex-copain en mars dernier), c’est moi. Je me suis reconnue. La différence, c’est que moi, je suis vivante pour en parler.»
Malgré le propos très lourd de l’entrevue, Ingrid Falaise voit l’avenir avec positivisme. «Je vais accoucher très bientôt de mon petit Émil et d’autres belles affaires s’en viennent pour moi, dont de nouveaux projets d’écriture», assure-t-elle.

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