2 octobre 2020
Protection de la jeunesse
La pandémie a freiné les signalements
Par: Denis Bélanger

Josée Morneau.

La première vague de la pandémie de COVID-19 au printemps a provoqué une baisse marquée du nombre de signalements fait à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Montérégie.

Publicité
Activer le son

En effet, 3681 signalements ont été enregistrés en Montérégie du 1er avril 2020 au 30 juin 2020, comparativement à 4236 pour la même période en 2019. Il s’agit d’une baisse de 13 % pour la région, et de 20 % pour l’ensemble du Québec. Les données préliminaires du premier trimestre de 2020-2021 ont été divulguées à l’occasion du dépôt du bilan 2019-2020 qui couvre la période du 1er avril 2019 au 31 mars 2020.

La provenance habituelle des signalements permet de mieux comprendre cette baisse. En 2019-2020, 23 % des signalements provenaient du milieu scolaire ou de garde et 32 % d’employés de différents organismes. Ces différents secteurs ont été fermés pendant de nombreuses semaines. « Mais en aucun temps, les services de la protection de la jeunesse à la population n’ont été arrêtés durant la pandémie », a souligné la directrice de la DPJ de la Montérégie, Josée Morneau.

Cette dernière reconnaît que son organisation avait une certaine inquiétude au début de la crise, car elle n’avait plus «ses yeux et ses oreilles » sur le terrain. « Mais un des éléments mis en place avec les commissions scolaires était les communications des professeurs avec les élèves. À partir de ces contacts, on pouvait détecter certaines choses. Nous n’avions pas nos yeux au quotidien, mais nos services étaient bien actifs. […] Il y a eu évidemment des situations pas connues de la DPJ. La pandémie a créé des situations de vulnérabilité chez les gens qui n’avaient jamais pris l’habitude d’aller dans les banques alimentaires ou de demander de l’aide. Nous avons notamment donné des cartes alimentaires pour soutenir les familles. »

Le nombre de signalements a monté en flèche avec le déconfinement, selon Mme Morneau. « Il y a eu l’ouverture de quelques écoles en juin et les services de camps de jour. À ce stade-ci, les signalements sont à peu près similaires à pareille date l’an dernier. On a ainsi eu une assurance que les gens ont accès aux enfants et que les jeunes qui ont besoin d’attention particulière sont signalés. »

Mme Morneau estime que son organisation a les ressources nécessaires pour faire face à la deuxième vague, entre autres grâce à l’ouverture de nouveaux postes.

Le syndicat inquiet

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) redoute de son côté les effets pervers de la deuxième vague. « Avec le retour des mesures de distanciation et de la scolarisation à la maison, l’APTS insiste pour que tout soit mis en œuvre afin d’éviter que des enfants passent entre les mailles du filet », dit l’organisation syndicale par voie de communiqué.

L’APTS suggère de revoir en profondeur les conditions de travail, d’exercice et de pratique du personnel des services jeunesse. « L’attraction et la rétention de la main-d’œuvre sont la clé pour améliorer les services, permettre aux intervenantes de prendre part à des espaces de concertation et de mieux intégrer les nouvelles personnes salariées, notamment en libérant leurs collègues plus expérimentés d’une partie de leur charge de travail pour qu’elles et ils puissent leur accorder du soutien. »

image