11 décembre 2019
Accident sur la 116
La mère de la piétonne veut des mesures de sécurité
Par: Sarah-Eve Charland

L’accident est survenu le mercredi 3 décembre. Photothèque | L’Œil Régional ©

L’intersection de la rue Maple et du boulevard Sir-Wilfrid-Laurier est dangereuse, affirme la mère de la jeune femme de 19 ans qui a été happée par un véhicule la semaine passée. McMasterville estime que sa demande de sécuriser davantage l’intersection auprès du ministère des Transports du Québec (MTQ) est plus que jamais nécessaire.

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Quelques jours après les événements, la piétonne, Marjorie Lapointe, était encore sous le choc, raconte sa mère France Gauthier. Elle a subi une opération puisque ses jambes, mais surtout ses chevilles, ont amorti l’impact.

« Marjorie ne se souvient pas de l’accident. […] Elle est sous le choc. Elle a été opérée aux chevilles. Il va y avoir des conséquences, une longue convalescence. Elle pourra remarcher, mais c’est trop tôt pour dire de quelle façon », relate Mme Gauthier.

L’accident est survenu tôt le 3 décembre. Sur le boulevard en direction de Belœil, les automobilistes dans la voie de droite se sont immobilisés pour laisser passer la piétonne. Une conductrice, dans la voie de gauche, a ralenti pour tourner. Elle n’aurait pas vu la piétonne et s’est engagée dans le passage. C’est à ce moment qu’une collision entre la piétonne et l’automobiliste s’est produite au centre de la chaussée.

Marjorie traversait le boulevard afin de se rendre à l’école aux adultes. « Elle traverse cette rue pratiquement tous les jours. Elle la trouvait dangereuse, toujours. Maman aussi avec son intuition, je pense que je lui ai dit 15 fois. J’ai aussi un gars qui va à l’école internationale. Même les jeunes qui vont à l’école internationale ne veulent pas traverser la rue, c’est trop dangereux », croit-elle.

La mère compte donc interpeller le MTQ pour mettre en place des mesures de sécurité. « N’importe quoi au-dessus du boulevard Sir-Wilfrid-Laurier pour obliger les automobilistes à s’arrêter. […] Mettons quelque chose qui sera apparent. Ce n’est pas suffisamment [affiché] comme une voie piétonnière; ce n’est pas apparent. Je le sais parce que je passe là souvent. Je ne vois pas toujours la voie réservée », affirme-t-elle.

Même si elle comprend que la route est sous juridiction provinciale, elle croit que cela ne devrait pas empêcher la Ville d’agir. « Ça se passe dans notre cour, ça se passe à côté de nos écoles. Je pense que si on attend après le MTQ, ça peut être long. Il faut que ça soit rapide. Il faut qu’il y ait quelque chose », maintient Mme Gauthier.

La Ville sur le dossier depuis un an

McMasterville travaille depuis près d’un an auprès du MTQ pour faire valoir l’importance d’augmenter la sécurité à cet endroit. La direction générale avait même rencontré des représentants du ministère environ deux semaines avant l’accident, mais aucune mesure concrète n’en avait ressorti.

« On va continuer [les démarches] avec plus d’acharnement pour que des actions concrètes soient mises de l’avant », assure le maire de McMasterville, Martin Dulac.

L’année dernière, le conseil municipal avait discuté des enjeux liés à la sécurité sur le territoire et avait ciblé le passage piétonnier. Les élus avaient alors adopté une résolution demandant au MTQ de mettre en place des mesures de sécurisation.

« À la suite de ça, il y a eu des discussions entre notre directeur général et le MTQ, mais il n’y a rien eu de concret qui a émané du MTQ. La position du MTQ était que, si on ajoutait un feu de circulation, on allait créer un faux sentiment de sécurité pour les piétons, ce qui n’augmenterait pas la sécurité. Je ne sais pas s’ils vont demeurer avec la même position aujourd’hui. »

Le directeur général, Sébastien Gagnon, a participé à une rencontre dédiée à cet enjeu avec le MTQ et à deux rencontres du Comité de l’axe 116 durant laquelle il en a été question. « On les talonne. […] Depuis le début, on a une fin de non-recevoir. J’ai répondu que [je] trouve contre-intuitif qu’en sécurisant un espace, on en réduise sa sécurité. »

La Ville de McMasterville est ouverte à d’autres mesures, que ce soit l’ajout de signalisation ou l’ajout d’une lumière intermittente qui est déclenchée au passage d’un piéton.

« Il y a une panoplie de mesures qui peuvent être mises en place, mais malheureusement, à ce jour, cela n’a pas été fait. C’est une infrastructure du MTQ. La Municipalité ne peut pas intervenir directement à cet endroit-là. Si on avait pu le faire, on l’aurait fait », ajoute M. Dulac.

Ce dernier s’attend notamment à une rencontre avec des représentants du MTQ d’ici le temps des fêtes en compagnie du personnel du bureau de circonscription du député de Borduas, Simon Jolin-Barrette.

De passage à Québec, le maire de McMasterville a eu l’occasion d’interpeller directement le ministre des Transports, François Bonnardel. « Je l’ai mis au fait de la situation », mentionne M. Dulac.

Le conseiller en communication du MTQ, Miguel Vizcaino-Dubé, mentionne que le Ministère a proposé des options en juin, mais la Ville a demandé des précisions. Le MTQ est à l‘étape de de préparer le complément d‘information. « Une fois que le Ministère et la Municipalité auront convenu de la solution optimale […], le Ministère sera en mesure de préciser les activités requises pour procéder à l’intervention et ainsi déterminer l’échéancier de réalisation. »

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