18 mars 2021
Entrevue avec une ancienne olympienne
La grande traversée d’Amy Walsh
Par: Denis Bélanger

Amy Walsh dans l’uniforme du Canada. Photo gracieuseté

Amy Walsh lors de son intronisation au Temple de la renommée de Canada Soccer. Photo gracieuseté

Amy Walsh exerce le métier d’entraîneuse personnelle et coach de mobilité et de mouvements. Photo gracieuseté

Le sport a toujours fait partie de l’ADN de l’Otterburnoise Amy Walsh. Jeune, elle pratiquait plus d’un sport. Retraitée aujourd’hui de la compétition de haut niveau, Walsh gravite encore de très près dans le monde du sport. C’est ultimement un ballon rond qui lui a procuré ses plus beaux souvenirs, dont une participation aux Jeux olympiques de Pékin en 2008.

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Le curriculum de Walsh au soccer est assez étoffé. Elle a été membre de l’équipe nationale pendant de nombreuses années en tant que milieu de terrain. En 2009, elle est devenue la cinquième joueuse canadienne à disputer une 100esélection en équipe nationale féminine sénior.

Durant sa carrière, elle a aidé le Canada à remporter le championnat féminin de la CONCACAF en 1998 à Toronto. Elle a aussi participé aux deux Coupes du Monde de 1999 et de 2007. Le rêve olympique s’est concrétisé en 2008 lorsque le Canada s’est qualifié pour la première fois aux Jeux en soccer féminin. Elle a pris sa retraite en 2009 pour fonder une famille. En 2017, elle a été intronisée au Temple de la renommée de Canada Soccer.

Aujourd’hui, Amy Walsh est entraîneuse personnelle et coach de mobilité et de mouvements. Elle partage les effets positifs de ses méthodes et contribue à l’amélioration de la performance pour des programmes de sport-études ainsi que pour l’Académie de l’Impact.

Avec un ballon dès 6 ans

Amy Walsh a commencé à jouer au soccer vers six ans. Elle voulait être active et faire comme son grand frère qui jouait dans des équipes de hockey. La passion du sport l’a menée à essayer aussi la ringuette, l’athlétisme et le patinage de vitesse, entre autres. « Nos parents nous soutenaient. Mais si nous faisions un sport, nous devions le faire jusqu’à la fin de la saison en cours. Nous avons été initiés aux principes de l’engagement assez tôt. »

Walsh a aussi joué au basketball. À sa première année au cégep, au Collège Champlain, elle exprimait d’ailleurs son talent sur un terrain de basket. Elle a toutefois fini par se concentrer sur le soccer.

Dans les rangs universitaires, elle a d’abord tenté l’expérience des Martlets de McGill. Le calibre de jeu n’était toutefois pas aussi élevé qu’elle le croyait. « Plusieurs joueuses qui se sont présentées au camp n’avaient pas vraiment joué de soccer de haut niveau. Mon niveau de jeu à moi avait baissé. »

Amy Walsh a pu toutefois l’année suivante atterrir dans les rangs de l’Université du Nebraska.

« Après mon année à McGill, j’ai été retranchée de la Coupe du monde. C’était la première fois que ça m’arrivait. Ça m’a pris quelques jours pour m’en remettre. Je suis allée au Nebraska et ç’a été une bonne décision. J’ai pu rehausser mon niveau de jeu. »

Ses efforts portent ses fruits alors qu’elle obtient sa première sélection en équipe nationale en 1998 à Ottawa contre la Chine. Elle a pu partager ce moment avec sa famille. Elle terminera sa carrière avec 101 autres sélections.

Le rêve olympique

Le Canada a réussi à se qualifier aux Jeux olympiques de 2008 en atteignant la finale du tournoi de qualification. C’est ainsi qu’Amy Walsh et ses coéquipières se sont envolées en Chine pour prendre part au tournoi. En phase préliminaire, le Canada a battu l’Argentine, soutiré un verdict nul contre la Chine et perdu contre la Suède. L’équipe a pu se qualifier en quart de finale. Mais leur parcours s’est arrêté au premier match sans lendemain contre les États-Unis. Le Canada s’était incliné en tirs de barrage.

« Nous étions déçues de ne pas pouvoir aller plus loin. Nous pensions avoir un bon noyau pour faire un bon bout de chemin dans le tournoi », raconte-t-elle.

Mais une fois la défaite digérée, Amy Walsh a pu savourer pleinement l’expérience olympique avec ses équipières. « La semaine suivant notre élimination du tournoi a été inoubliable. Nous pouvions aller dans le village olympique et offrir notre soutien aux autres athlètes. Je m’en souviendrai toujours. Nous avions raté les cérémonies d’ouverture. Au début des Jeux, on se sentait éloignées, car le soccer était disputé loin du cœur des Jeux. »

L’après-Pékin

La providence aura voulu que le Canada remporte le bronze en soccer féminin aux Jeux de Londres en 2012, ainsi qu’à Rio de Janeiro en 2016. Amy Walsh avoue avoir eu un petit pincement au cœur quand elle a vu le parcours de l’équipe canadienne en 2012. Elle aurait grandement aimé jouer pour l’entraîneur-chef John Herdman, qui avait pris les rênes de l’équipe en 2011.

« Quand je suis tombée enceinte en 2009, je voulais continuer à m’entraîner. Mais l’équipe est allée en Italie. Ça devenait difficile et compliqué de voyager avec un bébé naissant. Quand j’ai joué mon dernier match en sélection nationale en 2009, je n’avais pas prévu que ce serait le dernier. »

Amy Walsh était demeurée très proche de plusieurs de ses coéquipières de Pékin et avait discuté avec quelques-unes après le match de la médaille de bronze à Londres. « J’ai pu leur parler alors qu’elles revenaient du stade en autobus. J’ai eu la chance de vivre ça avec l’équipe. J’étais contente pour elles ainsi que pour le soccer féminin au Canada. C’était un événement très important. Quand j’ai commencé en équipe nationale, je n’aurais cru personne si on nous avait dit que le Canada gagnerait une médaille à deux Jeux consécutifs. »

En dépit des récents succès olympiques, le Canada a du pain sur la planche pour maintenir un bon niveau de compétitivité, de l’avis de l’ancienne olympienne. « Il y a du travail à faire.»

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