26 septembre 2018
Décès de Berthe Chayer
La grande Dionysienne a changé le visage de la municipalité
Par: Vincent Guilbault
Berthe Chayer et Onil Perrier à la Fête du Vieux-Marché. Photo: Luc Charron, Société d’histoire des Riches-Lieux

Berthe Chayer et Onil Perrier à la Fête du Vieux-Marché. Photo: Luc Charron, Société d’histoire des Riches-Lieux

Un matin, à son réveil, Berthe Chayer a une image en tête; celle du clocher de l’église avec la fourche des Patriotes. Cette image, assortie d’épi de maïs et des vagues de la rivière Richelieu, formera en 1989 le nouveau logo de la municipalité de Saint-Denis-sur-Richelieu.

Un peu plus de 10 ans plus tard, elle et son mari Onil Perrier travailleront sur les armoiries de la municipalité, lors de la réunion du village avec la paroisse.
Berthe Chayer est décédée le 8 septembre, à l’âge de 91 ans. Une bonne centaine de personnes se sont réunies à l’église de Saint-Denis, vendredi dernier, pour saluer une dernière fois cette grande dame qui a marqué l’histoire de la municipalité.
En plus des armoiries, elle et son mari Onil Perrier ont créé la Fête du Vieux-Marché, qui a célébré son 37e anniversaire cet été et qui réussit chaque année à attirer des milliers de visiteurs.
Berthe Chayer est née à Chiswick, en Ontario, en 1926. Avant son arrivée à Saint-Denis avec son mari, elle avait enseigné plus de 25 ans en Ontario et à Montréal.
Mais avant de rencontrer son mari, Berthe Chayer est rentrée chez les sœurs à l’âge de 16 ans, puis en est ressortie 20 ans plus tard. C’est à ce moment qu’elle a rencontré celui qui deviendra son mari. «Elle était comme de la soie, raconte M. Perrier. Je la compare à une fée, légère, qui fait des surprises, qui apporte de bonnes choses. J’ai été très chanceux de la rencontrer et de l’avoir dans ma vie.»

Une vie d’implication
Très présente dans sa communauté, Mme Chayer a entre autres dirigé la chorale des Chanterelles pendant plus de 25 ans, a créé le premier circuit patrimonial, a été membre de l’Aféas pendant 33 ans et a contribué à la vie scolaire du village.
Son amour de la musique et son respect des Patriotes l’amèneront à leur dédier des contes et des œuvres musicales, dont certaines ont été chantées vendredi lors de ses funérailles.
Son amour pour le patrimoine était si sincère que Berthe Chayer avait prévu léguer une somme importante à son décès pour mettre en valeur le patrimoine religieux de Saint-Denis-sur-Richelieu. Lorsque la maladie l’a toutefois atteint sans espoir de guérison, son mari Onil Perrier a suggéré de procéder tout de suite au don d’environ 30 000 $ à la Fabrique de l’église. Cet important montant a permis en bonne partie de financer cet été la restauration de la cloche Marguerite-Michel, à l’église de Saint-Denis. C’est cette même cloche qui a alerté les Patriotes le 23 novembre 1837 lors de leur victoire contre les Anglais.
Cet amour des Patriotes a aussi poussé Mme Chayer à cofonder la Maison nationale des Patriotes, toujours à Saint-Denis-sur-Richelieu. La directrice de la Maison nationale des Patriotes, Christine Devey, a d’ailleurs souligné l’appui de Mme Chayer envers l’organisme et sa fondation, rappelant que sans son engagement, «cette institution n’existerait tout simplement pas». Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Maxime Laporte, a aussi pris la parole et profité de l’occasion pour nommer Berthe Chayer membre honoraire de l’organisme. La mairesse Ginette Thibault a tenu elle à souligner la disparition «d’une grande Dionysienne».

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