15 décembre 2016
La fatigue de la résistance
Par: Vincent Guilbault
Un départ précipité

Un départ précipité

Alors que les minières versent des millions de dollars au gouvernement du Québec en redevances, le peuple doit, lui, dépenser des milliards pour soutenir l’exploration. Le Devoir, en 2015, évaluait que sur la période de 2000 à 2011, Québec devait débourser 5,70 $ pour chaque 1$ en retour.

On ne parle pas du désastre environnemental, mais les minières sont reconnues pour creuser de méchants gros cratères, puis laisser le peuple remplir lui-même. D’où l’espèce de consensus au Québec que nous n’en avons pas pour notre argent avec les mines. On se dit donc que le gouvernement voudra aussi être prudent avec le pétrole et le gaz.

Car le consensus est assez total aussi avec le gaz de schiste. Bien simplement, la population ne veut pas exploiter le gaz pour les mêmes idées. L’argent ne nous reviendra pas, d’abord. Et même si l’argent retournait dans nos poches, l’impact sur l’environnement n’en vaut pas la peine. Je ne reviendrai pas sur tout le dommage potentiel de l’exploitation du gaz de schiste, vous avez entendu les arguments depuis quelques années.

C’est pour ça que je m’explique mal la décision du gouvernement libéral d’adopter, avec bâillon qui plus est, son projet de Loi 106. Je n’ai pas étudié de long en large le document sur la politique énergétique 2030 du gouvernement. Mais comme bien d’autres, j’accroche sur le point où l’on donne potentiellement accès à notre sous-sol aux compagnies gazières et pétrolières. Ça veut dire qu’avec une permission ministérielle, une compagnie peut vous exproprier de votre terrain pour aller creuser en dessous.

Parce qu’en dessous de ton jardin de tomates, c’est bien de valeur, mais ce n’est pas à toi.

Pas pour rien que l’Association pétrolière et gazière du Québec a salué l’adoption du projet. C’est drôle, mais le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec (RVHQ), lui, ne salue pas du tout l’annonce. Une «dérive autoritaire du gouvernement Couillard», pour emprunter leurs mots.

Alors que des élus (dont le député de Borduas) et une bonne partie de la population s’y opposent; alors que les autres partis politiques décrient cette manœuvre; alors que de plus en plus de gens pensent que l’avenir du Québec passe par les énergies renouvelables, notre gouvernement persiste. Je veux dire…pourquoi? Pour qui?

Le RVHQ promet une résistance pacifique. Certes, c’est un bon départ. Mais Michel Pichet, du comité citoyen opposé au gaz de schiste à Saint-Marc-sur-Richelieu, l’admet; la résistance est un peu fatiguée. On a crié victoire rapidement, alors que l’industrie du pétrole, elle, continuait la lutte. «Ma perception, c’est que les entreprises ont travaillé pendant six ans. Les gens se sont démobilisés. La population ne s’est pas informée, se pensant en sécurité», dit-il.

À suivre.

27 ans

Quelques mots pour souligner le travail de Gilles Plante, maire de McMasterville. Je ne connais pas assez l’homme, je serais bien mal placé de l’honorer ici. Mais après 27 ans, on se doit de choisir ses mots. Dévouement me vient à l’esprit; et bravo!

 

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