7 août 2019
Projet de la rue Saint-Georges
La construction ne sera pas terminée avant au moins un an
Par: Denis Bélanger

Les travaux ont été bloqués. Photo Denis Bélanger | L’Œil Régional ©

Le promoteur du projet immobilier de la rue Saint-Georges à Mont-Saint-Hilaire voit son échéancier initial tomber à l’eau. Les travaux ne sont toujours pas commencés et des règlements doivent encore être adoptés par la Ville pour avoir le feu vert pour entreprendre la construction. Une situation obligeant le locataire principal du bâtiment à venir, le Marché Pepin, à demander une prolongation de son bail.

Rappelons que la Ville avait accordé à l’entreprise Odacité un permis partiel lui permettant seulement d’exécuter des travaux d’excavation et de préparation de chantier. Un plan de circulation avait même été établi. Les travaux ont toutefois été bloqués le lendemain par un tribunal.

Le Marché Metro de Mont-Saint-Hilaire a déposé ce printemps une poursuite pour invalider le plan particulier d’urbanisme du secteur du centre-ville et une demande d’injonction pour empêcher tous travaux le temps qu’un juge se prononce sur la requête de l’épicier. Cette demande d’injonction devait être entendue le 11 septembre. Mais à la réception de la nouvelle sur l’obtention du permis, on a demandé de la devancer et ainsi d’ordonner l’arrêt des travaux. Les parties impliquées dans ce dossier ont maintenant rendez-vous le 14 août à Montréal pour débattre de la demande d’injonction.
Odacité a laissé entendre qu’elle songe fortement à intenter des poursuites envers le Marché Metro. Dans un document déposé à la cour, il est indiqué que le Marché s’exposait à des poursuites judiciaires. Ce même document rapporte que Gabriel Riendeau, le directeur des opérations du Marché Metro de Mont-Saint-Hilaire, a avoué avoir financé les moyens de La Voix des Citoyens, groupe informel opposé au projet de la rue Saint-Georges.

Un an
Le président d’Odacité, Steve Richard, est catégorique. La réalisation du projet nécessitera un an de travaux. Le bail du Marché Pepin dans son local du boulevard Sir-Wilfrid-Laurier prend fin le 31 janvier 2020. « Nous sommes à demander une extension. Mais je ne suis pas très confiant que le propriétaire (une société de portefeuille) nous l’accorde. On risque de le savoir à la dernière minute. Des emplois sont en jeux. »
M. Richard assure que son inquiétude est sincère. « Avec des grandes compagnies comme ça, c’est complexe. » Le maire Yves Corriveau avait souvent par le passé utilisé la fin du bail comme argument pour justifier la rapidité du processus réglementaire.

L’Œil Régional a tenté d’obtenir un commentaire de la directrice des opérations des Marchés Pepin, Annie Pepin, mais elle n’a pas été en mesure de rappeler le journaliste au moment de mettre sous presse.

D’autres retards
Dans la foulée de la tempête politique qui a mené à la démission de tous les conseillers de l’équipe Avenir Hilairemontais, l’adoption de quelques résolutions ayant une incidence sur le projet a été retirée de l’ordre du jour de la séance ordinaire du conseil municipal de lundi. Les conseillers municipaux ont également voté pour le report de l’adoption des dérogations mineures pour le mois de septembre.
Ces dérogations sont essentielles pour entamer la construction. François Tardif, le propriétaire de la boulangerie Le Pain dans les Voiles, voisin du site d’Odacité, a profité de la séance de lundi pour remettre aux élus et fonctionnaires un document étalant les raisons pour justifier un rejet de ces dérogations.

Notons que Le Pain dans les Voiles et l’épicerie fine L’Eau Vive, qui partagent le même bâtiment, se sont ajoutés à la poursuite civile de Metro.

De l’espoir
L’ancien candidat aux dernières élections municipales, Hugo Gendron, a maintenant espoir que la bonne chose sera faite étant donné que les conseillers sont tous indépendants. « Nous avons l’occasion de passer le projet en référendum et de régler ça une fois pour toutes. »

M. Gendron occupait le rôle de porte-parole du groupe La Voix des Citoyens, mais a pris un pas de recul pour des raisons personnelles. « Je suis venu les supporter, mais je ne suis plus activement avec La Voix. »

Une vidéo qui dérange

Hugo Gendron a partagé lundi aux élus ses préoccupations reliées à une vidéo circulant sur internet dans laquelle le maire Yves Corriveau rend hommage au patriarche de la famille Pepin, Bernard.  « La proximité entre le maire et un commerçant impliqué me donne froid dans le dos. Moi je l’ignorais. Modifier le plan d’urbanisme pour son projet, je trouve ça inquiétant. »

Cette vidéo a été tournée à Gatineau en 2014 lors des assises de l’Union des municipalités du Québec. M. Corriveau y souligne les 70 ans des Machés Pepin. Il raconte qu’il connait Bernard Pepin depuis son enfance, qu’ils ont habité le même quartier et qu’ils ont été à l’école ensemble. Il n’a jamais employé le terme ami, mais plutôt « connaissance ». La vidéo avait une touche d’humour alors que le maire portait des culottes de pyjamas, le message ayant été enregistré à 5 h du matin.

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