3 avril 2019
La conduite de Marc-Antoine Landry a coûté la vie à sa copine
Par: Denis Bélanger

La Mitsubishi bleue quelques minutes après la collision qui s’est avérée fatale pour Danyka Grabosky. Photothèque | L’Œil Régional ©

Marc-Antoine Landry de Belœil a été reconnu coupable de conduite dangereuse ayant causé la mort de sa petite amie Danyka Grabosky le 13 mai 2016, soit à la suite de l’accident ayant impliqué un autobus scolaire transportant des élèves du Collège Saint-Hilaire. Le verdict a été rendu vendredi dernier au palais de justice de Saint-Hyacinthe par le juge de la Cour du Québec Denys Noël.

L’accusé de 22 ans a aussi été déclaré coupable de conduite dangereuse ayant causé des lésions à plusieurs personnes. Landry, présentement en liberté, doit attendre encore quelques mois avant de connaître sa peine. Les représentations sur sentence auront lieu le 13 juin, le temps de permettre la rédaction d’un rapport présentenciel. Le jeune homme a notamment suivi une thérapie depuis les événements.

Le procès a commencé le 25 mars et les interrogatoires se sont déroulés sur trois jours.

La Couronne a aussi informé le magistrat que Josée Legault, la mère de la victime de 18 ans, s’adresserait devant le tribunal le 13 juin. Mme Legault était très émotive après la décision du juge. Rappelons que Danyka Grabosky était dans le siège passager de la Mitsubishi Lancer bleue de Landry, lorsque le véhicule est entré en collision avec un autobus sur la 116, à l’intersection du chemin Authier.

Le procureur de la Couronne Me Pierre Goulet s’est dit satisfait du verdict. « C’est toujours réconfortant quand le tribunal accepte notre interprétation du droit et des faits. Le juge a pris tous les éléments de preuve pour conclure à l’écart marqué de l’accusé dans sa conduite. »

De son côté, l’avocat de la défense, Me Marc-André Gauthier, reconnaît que le magistrat a rendu une décision bien étoffée et structurée. « Ça demandera toutefois une deuxième écoute et analyse pour voir si le jugement répond bien à toutes les interrogations soulevées dans les plaidoiries. »

Le dossier n’est toujours pas clos près de trois ans après les événements, car l’enquête des agents de la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent s’est étalée sur plusieurs mois. Des experts avaient dû procéder à une reconstitution de la scène sur les lieux de l’accident, six mois après les événements. Les accusations ont été officiellement portées à la fin mai 2017.

149 km/h
Après avoir entendu plusieurs témoins ainsi que l’analyse du reconstitutionniste Éric Verner, le juge conclut que Marc-Antoine Landry, qui a affirmé durant le procès n’avoir aucun souvenir de l’accident, circulait à 149 km/h avant l’impact et avait ainsi un comportement dangereux derrière le volant. Bien qu’il ait été mentionné qu’une affiche aurait pu obstruer la vue du conducteur de l’autobus scolaire, on assure que Landry avait une bonne visibilité. De plus, la température était clémente et la chaussée n’était pas en mauvais état. L’accusé aurait dû ralentir près de l’intersection de l’accident, selon le juge, surtout en heure de pointe à la sortie des classes près d’une zone scolaire. La limite permise était de 90 km/h.

Les témoignages ont aussi permis d’apprendre qu’un autre véhicule, une camionnette rouge, circulait à haute vitesse le jour de l’accident. Le principal concerné avait tout de même nié avoir une telle conduite. Tel que rapporté par Le Journal de Montréal, l’avocat de Marc-Antoine Landry a expliqué dans sa plaidoirie que son client a accéléré sa vitesse pour se détacher de cet autre chauffeur qui le suivait de trop près. Selon le procureur, l’accident n’aurait pas eu lieu si la camionnette rouge n’était pas là. Une théorie qui n’a pas convaincu le juge.

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