23 mars 2018
Services Environnementaux Richelieu
La compagnie blâmée par l’Inspecteur général de Montréal responsable du recyclage dans la région
Par: Karine Guillet

Les bureaux de l'entreprise, à Belœil. photo: Robert Gosselin

Une entreprise de Belœil est dans l’eau chaude après qu’un rapport du Bureau de l’inspecteur général (BIG) de Montréal a révélé qu’elle facturait la Ville pour des déchets collectés sur la Rive-Sud.

L’entreprise Services Environnementaux du Richelieu (SER), dont le siège social est situé dans le quartier industriel de Belœil, était responsable de la collecte et le transport des déchets dans l’arrondissement Verdun et Sud-Ouest. Selon le rapport du BIG, l’entreprise aurait facturé l’arrondissement pour des collectes privées survenues notamment à Saint-Basile-le-Grand, Brossard, Longueuil et Carignan. L’entreprise aurait également mélangé du recyclage aux ordures.
Le BIG a examiné les données GPS des camions du SER et les feuilles de temps des employés pour conclure que ces façons de faire «constituent des manœuvres attestant une volonté de SER de se soustraire à ses obligations financières notamment concernant le paiement à la Ville de Montréal d’une ristourne annuelle due en raison d’une réduction de tonnage de déchets collectés».

Recyclage dans la MRC
Dans la région, l’entreprise est responsable de la collecte du recyclage, mais la porte-parole de la MRC Vallée-du-Richelieu, Ariane Levasseur, indique toutefois utiliser les outils à sa disposition pour bien contrôler les collectes.
Dans la région, les municipalités ont délégué la compétence de la gestion des matières résiduelles à la MRC. La collecte des ordures a été confié à l’entreprise Matrec, mais l’entreprise SER est pour sa part responsable de la collecte du recyclage jusqu’au 1er mai 2018. La MRC a décidé de confier le contrat par la suite à Matrec, dont l’appel d’offres s’avérait plus avantageux.
Mme Levasseur indique que les élus étudieront les allégations reprochées à l’entreprise lors de la prochaine assemblée de la MRC, le 19 avril. Elle indique toutefois que la MRC s’est dotée d’un système de vérification quant à la collecte des matières résiduelles. Une agente est sur le terrain tous les jours de collecte afin de s’assurer notamment que le camion est vide avant de commencer sa collecte. Les camions sont également munis de GPS permettant de suivre leur parcours. Mme Levasseur indique d’ailleurs que la MRC est en contact fréquent avec les superviseurs de l’entreprise.
Notons que le Bureau de l’inspecteur général a aussi blâmé la Ville de Montréal pour sa gestion, rappelant qu’elle ne vérifiait que très rarement si le camion était vide au début de la collecte, que la balance publique de Verdun était souvent brisée et que les responsables de l’arrondissement Verdun ne vérifiaient que très rarement les données GPS des camions de SER.

La compagnie nie
Dans son rapport, l’inspecteur général souligne d’ailleurs que des chauffeurs de l’entreprise ont reconnu faire des contrats commerciaux pendant qu’ils s’occupaient des contrats municipaux de Montréal. La compagnie mère de SER, Waste Connections of Canada (WCC), soutient que les manquements de SER ne peuvent lui être imputés. WCC a toutefois nié certains des manquements constatés lors de l’enquête, mais n’a soumis aucun document soutenant sa version des faits. WCC a toutefois rappelé qu’elle a fait l’acquisition de la compagnie belœilloise il y a peu de temps et qu’elle ait engagé un nouveau directeur général aux bureaux de Belœil.
Ces explications n’ont pas suffi au BIG, qui a résilié les contrats de 29,6 M$ et de 4,2 M$ de l’entreprise. Le Bureau a également transmis son rapport d’enquête à l’Autorité des marchés financiers, qui pourrait décider si l’entreprise aura toujours le droit de conclure des contrats publics

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