27 avril 2016
La communauté se mobilise pour un homme généreux
Par: L'Oeil Régional
Patrick Mascres, entouré de sa belle-fille, de sa femme et de son petit-fils.

Patrick Mascres, entouré de sa belle-fille, de sa femme et de son petit-fils.

TÉMOIGNAGE. La vie de Patrick Mascres a pris un virage pour le moins inattendu quand, du jour au lendemain, cet homme de famille hyperactif s’est retrouvé privé de l’usage de ses jambes et de ses mains, il y a quatre ans. Son beau-fils et sa belle-fille font aujourd’hui appel à la générosité du public pour mieux adapter sa maison à sa condition.

Ses proches décrivent d’emblée Patrick comme un homme énergique, toujours prêt à donner un coup de main. Le résident de Belœil a perdu l’usage de ses jambes  à 47 ans, le jour de la fête des Pères, en perdant pied sur le bord de sa piscine. Le choc a été assez brutal pour lui fracturer trois vertèbres.  

Alité pendant un mois à l’hôpital Sacré-Cœur, Patrick a passé près d’un an loin de son domicile, en réadaptation. Un séjour qui l’a grandement aidé à retrouver une qualité de vie. Aujourd’hui, Patrick Mascres affronte le quotidien avec beaucoup d’optimisme. Il admet qu’il a dû se parler à lui-même pour réussir à passer au travers de l’épreuve, particulièrement lorsqu’il était alité.

«Au début, c’était des plafonds, des plafonds. Tu ne bougeais pas. T’as beaucoup de questions. C’est épeurant. Tu ne penses pas au suicide, mais tu te dis, ça se fait tu de vivre comme ça?»

L’homme peut désormais bouger ses épaules et ses bras, de même que son torse. Même sans ses mains, il trouve tout de même la façon d’aider aux tâches ménagères, au maximum de ce qu’il peut contribuer, souligne sa femme, Linda.

L’accident a tout de même eu un immense impact sur la vie familiale. Si les revenus du couple ont diminué, les dépenses, elles, ont augmenté. Sa conjointe travaille maintenant trois jours par semaine pour prendre soin de son mari. Puisque Patrick ne peut plus participer à la vie quotidienne comme auparavant, elle doit désormais voir à bien plus de tâches. «Elle n’a pas sa carte d’infirmière auxiliaire, mais pas loin», dit Patrick, souriant.

Beaucoup d’aide

Le couple a pu compter sur l’aide de la famille, des amis et des voisins. L’hiver suivant son accident, ses voisins ont cotisé afin de lui payer un service de déneigement. Son entourage lui a également construit une rampe. Une aide qui a grandement aidé la famille à remonter la pente et dont la famille est extrêmement reconnaissante.

«Ils me disent: fais-moi une liste Patrick. Une lumière, un interrupteur, et je vais m’en occuper quand je vais venir. Le dimanche, il y a tout le temps quelqu’un ici», s’exclame Patrick.

La belle-fille de Patrick, Évelyne Gauvin, et son conjoint Samuel Gallant souhaitaient eux aussi aider à leur manière. Résidents de Québec, il leur était difficile d’être présents chaque fin de semaine. C’est ainsi qu’est née l’idée d’un site pour amasser des dons pour Patrick, à l’insu de celui-ci. «Quand il a appelé pour lui annoncer, il lui a dit: Je savais que tu ne serais pas d’accord, mais je l’ai fait pareil», se souvient la femme de Patrick.

 Une douche d’abord

Les fonds récoltés serviront d’abord à construire une salle de bain à Patrick, incluant une douche et une toilette adaptées.

«Il n’a pas pris de douche depuis qu’il est sorti du centre. Ça va faire trois ans au mois de mai. Il est toujours lavé à la débarbouillette avec des bols d’eau», témoignent sa femme et sa fille.

Si le gouvernement contribue financièrement à adapter la maison, le montant est loin d’être suffisant. L’amélioration simplifierait du même coup le travail des infirmières auxiliaires qui l’aident, à raison de six heures par semaine (le centre de réadaptation Lucie-Bruneau estime toutefois le besoin à 28h de soins). Outre la salle de bain, la maison pourrait aussi être adaptée en refaisant les comptoirs et en installant une serrure numérique sur une porte-patio adaptée, ce qui permettrait à Patrick de sortir seul.

Les intéressés peuvent se rendre sur le site faire-un-don-a-pat.ca pour en apprendre davantage sur les besoins de la famille.

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