13 septembre 2018
La commission scolaire veut augmenter son taux de diplomation
Par: Karine Guillet
Selon la présidente du conseil des commissaires de la Commission scolaire des Patriotes, Hélène Roberge, les objectifs du Plan d’engagement vers la réussite permettront à la CSP de mesurer l’évolution des difficultés vécues par les élèves bien avant que cela se reflète dans le taux de diplomation. Photo: Gracieuseté

Selon la présidente du conseil des commissaires de la Commission scolaire des Patriotes, Hélène Roberge, les objectifs du Plan d’engagement vers la réussite permettront à la CSP de mesurer l’évolution des difficultés vécues par les élèves bien avant que cela se reflète dans le taux de diplomation. Photo: Gracieuseté

La Commission scolaire des Patriotes (CSP) souhaite faire passer le taux de diplomation et de qualification des élèves de moins de 20 ans de 81,1 % aujourd’hui à 84 % en 2022. Pour aider les élèves à obtenir leur diplôme en sept ans, la CSP compte notamment se pencher sur les compétences en français dès le primaire, selon son plus récent plan d’engagement vers la réussite éducative.

La commission scolaire fait déjà mieux que le reste du Québec à ce chapitre. Au Québec, 78,8% des élèves québécois qui ont fait leur entrée au secondaire en 2008-2009 ont obtenu un diplôme ou une qualification avant 20 ans. À la CSP, cette proportion est plus élevée, à 79,4%. Si on compare l’obtention d’un diplôme d’études secondaires (DES) ou d’un diplôme d’études professionnelles (DEP), le taux de diplomation de la CSP, à 77,5 %, était de trois points de pourcentage supérieurs à celui du Québec.
Si le taux de diplomation et de qualification s’est amélioré dans les dernières années, la CSP constate toutefois que ce taux semble stagner depuis les dernières années. Elle constate aussi que les garçons sont proportionnellement moins nombreux à obtenir leur diplôme d’études secondaire en cinq ans.
«Ce qu’on a choisi de faire, c’est de ne pas seulement porter un regard sur le résultat des élèves en fin de parcours, mais d’identifier les zones de vulnérabilité et de performance tout au long de leur cheminement scolaire», a expliqué la présidente de la CSP, Hélène Roberge.
Cette analyse a permis de réaliser que le taux de diplomation et de qualification était notamment plus faible chez les garçons, les élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation (HDAA), les élèves issus de milieux défavorisés et les élèves qui rentraient au secondaire avec une année de retard. «Ces données révèlent que les écarts de réussite se manifestent dès les premières années du primaire. L’analyse des données fait ressortir que la transition primaire-secondaire affecte la réussite de plusieurs élèves», écrit la CSP dans son Plan d’engagement vers la réussite éducative.
La commission scolaire souhaite donc travailler à réduire l’écart de diplomation entre ces élèves et le reste de ses étudiants pour améliorer son portrait.
Actuellement, 76,9 % des garçons de la cohorte de 2010-2011 ont obtenu leur diplôme avant 20 ans, contre 85,5 % des filles, soit un écart de 8,6 %. La CSP souhaiterait réduire l’écart à 6,5 % d’ici cinq ans en travaillant notamment sur la réussite en lecture au primaire chez les garçons et les élèves HDAA. Dès les premières années du primaire, la CSP constate que les garçons sont plus nombreux à être en situation d’échec en lecture.

Élèves HDAA
Les élèves HDAA sont aussi surreprésentés aux échecs en lecture de deuxième année. L’écart du taux de diplomation et de qualification est le plus grand chez ces élèves. En 2008-2009, 41,3 % des élèves HDAA obtenaient un diplôme ou une qualification avant 20 ans, contre 85,7 % des élèves qui n’avaient pas de plan d’intervention, soit un écart de 44,4 %. Même si la CSP a déjà réussi à réduire cet écart de 10 %, elle souhaite réduire l’écart à 26 % entre ces deux groupes.
Les élèves issus de milieux défavorisés sont aussi 25 % moins nombreux à obtenir un diplôme que ceux d’écoles favorisées, constate la CSP. Elle souhaiterait réduire cet écart à 15 %. Si elle constate que les élèves issus de milieux défavorisés se sont améliorés en français et en mathématique au cours des trois années étudiées, la commission scolaire note toutefois qu’au primaire, les écoles situées en milieu défavorisé ont tendance à avoir de plus grand taux d’échecs en lecture et en écriture.

Transition primaire et secondaire
La CSP identifie également la transition entre le primaire et le secondaire comme une zone de vulnérabilité. Après avoir analysé les résultats des élèves issus de trois cohortes différentes, la CSP a constaté qu’environ une centaine d’élèves se retrouvent en situation d’échec en mathématique ou en français à la fin de leur première année de secondaire alors qu’ils réussissaient pourtant à la fin du primaire.
Dans son analyse, la commission scolaire a également constaté que les élèves HDAA, ceux avec un plan d’intervention et ceux qui avait redoublé une année étaient surreprésentés parmi les décrocheurs.

Immigration
Bien que les élèves immigrants de première génération semblent pour le moment aussi bien réussir que leurs confrères, la CSP souhaite garder un œil attentif sur ceux-ci, alors qu’elle anticipe une hausse de cette clientèle au cours des prochaines années.

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