20 juin 2018
Restauration de la cloche Marguerite-Michel
La Cloche de la liberté résonne à nouveau
Par: Vincent Guilbault

Les enfants de l’école Saint-Denis ont participé à l’inauguration sous la forme d’une chorale. À la fin de la cérémonie, les dignitaires et les organisateurs ont relâché des colombes, symbole de la liberté. Photo: Yann Canno

Onil Perrier, fondateur de la Société d’histoire des Riches-Lieux. Il n’y a pas plus «grand spécialistes de l’histoire des Patriotes», a souligné Bernard Landry lors de la journée d’inauguration. M. Perrier et sa femme Berthe Chayer ont contribué à faire de la cloche un bien culturel. Le couple a légué, de son vivant, une somme importante pour aider à la restauration de la cloche. Photo: Yann Canno

Bernard Landry n’a pas manqué de rappeler qu’il n’était pas normal pour un peuple comme le Québec d’être «la province d’une autre nation». Photo: Yann Canno

Au matin du 23 novembre 1837, à la demande de Wolfred Nelson, le bedeau Édouard Lussier sonne la cloche Marguerite-Michel en l’église Saint-Denis pour appeler le village aux armes. Les troupes anglaises doivent ce jour-là débarquer pour arrêter le chef Louis-Joseph Papineau. Dans leur révolte, les Patriotes réussiront là où tous leurs frères échoueront; ils repousseront l’ennemi et permettront à Papineau de fuir vers les États-Unis.

Pour la Société d’histoire des Riches-Lieux, il fallait absolument restaurer cette cloche et la nommer Cloche de la liberté du Québec et du Canada. Pour la société d’histoire, la cloche Marguerite-Michel doit servir à rappeler que les événements de 1837-1838 sont en fait une guerre de libération, même si le Canada et le Québec ne le considèrent pas comme tel. C’est pourtant cette prise d’armes qui a abouti, 10 ans plus tard, à la démocratie pour le Bas et le Haut-Canada, insiste la Société d’histoire.
Vendredi dernier, la cloche restaurée Marguerite-Michel a été inaugurée en compagnie de dignitaires religieux et politique, dont l’ancien premier ministre Bernard Landry, en plein cœur de l’église de Saint-Denis-sur-Richelieu. C’est M. Landry, alors député de Verchères, qui avait fait reconnaître la cloche d’être comme un bien culturel en 1997. Puis en 2012, l’objet avait été classé comme un immeuble patrimonial. Et grâce à plusieurs mécènes qui ont recueilli environ 125 000 $, la cloche a été réparée et dotée d’une sonnerie électrique. Le ministère de la Culture et des Communications a aussi donné 9939 $.
En face de l’église, pour marquer le coup, sept modules racontant l’histoire de l’artefact ont été installés dans le parc riverain de la rivière Richelieu. Certains modules sont munis d’interactifs audio qui diffusent des narrations, des chants ou différents sont de cloches.

Histoire de la cloche
La cloche Marguerite-Michel a été fondue à Londres en 1802 par Thomas Mears pour la paroisse de Pierreville. Achetée en 1806 par Saint-Denis, elle a été installée dans l’un des clochers de l’église. La cloche est faite d’airain, un alliage de cuivre et d’étain, et pèse 630 kilos. Sonnée, la cloche donne la note de ré dièse.

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