5 avril 2017
La boxe pour le ramener dans le droit chemin
Par: Karine Guillet
La boxe est une longue histoire d'amour pour Claude Lévesque.

La boxe est une longue histoire d'amour pour Claude Lévesque.

TÉMOIGNAGE. Intimidateur dans sa jeunesse, Claude Lévesque a vécu un passé trouble. Repenti, il veut aujourd’hui aider les jeunes en partageant son histoire.

Celui qui a grandi à Mont-Saint-Hilaire jusqu’à 15 ans dit avoir appris rapidement la violence lui apportait de l’attention. «Dans les partys  de Noël, ça ne parlait que des batailles de l’un et de l’autre, se souvient-il. On était couchés sur les bancs d’arénas et ma mère se battait pendant qu’on dormait dans les estrades. Mon père se battait sur la glace.»

Au secondaire, il avoue d’ailleurs en avoir fait voir de toutes les couleurs aux autres élèves, dans la cour d’école comme sur la glace, lors des parties de hockey.

«J’ai frappé des gens pour rien, j’ai écœuré, blessé des gens qui ne le méritaient pas. Aujourd’hui, on appellerait ça de l’intimidation, admet-il. Je trouve ça déplorable aujourd’hui d’entendre tout ce que j’entends, comme les jeunes qui se suicident, parce que je me dis que ça aurait pu être moi qui fasse qu’il y en a un qui se suicide à cause de [l’intimidation].»

La boxe comme thérapie

La drogue a empiré les problèmes de violence de Claude. Il a fini par écoper un an de prison, pour avoir frappé un homme alors qu’il était avec un ami.

Il a également cessé de consommer, après avoir entrepris une thérapie en maison fermée et une thérapie de gestion de la colère. 

Aujourd’hui, il estime que la boxe l’a grandement aidé à gérer ses émotions. Il croit que beaucoup d’enfants avec des problèmes de comportement pourraient bénéficier de ce sport. «Quand j’arrive dans un gym de boxe, et que j’ai eu une mauvaise journée, je m’isole et je frappe sur le sac de tout ce que je peux. Je ne veux pas embarquer sur le ring, mettre les gants et que ce soit l’autre qui paie. Le sac, lui, il s’en fout.»

Quinze ans après avoir purgé sa peine, celui qui est également entraîneur à la boxe et au hockey a fini par obtenir son pardon. Il estime d’ailleurs que la présence d’un dossier criminel est aussi en soi une peine.

Sensibilisation positive

Claude Lévesque se réjouit aujourd’hui que les écoles sensibilisent les jeunes à l’intimidation.  Il dit lui-même avoir pris conscience de l’impact de ses gestes avec la médiatisation de cet enjeu scolaire. Il croit aujourd’hui que la sensibilisation aurait sûrement eu plus d’impact dans sa jeunesse que les suspensions et les visites chez le directeur.

Il croit cependant que l’on néglige souvent de s’attarder à l’intimidateur lui-même. «Le jeune qui va intimider les jeunes à l’école, c’est parce qu’il vit quelque chose. Ce n’est pas pour rien qu’il intimide. Souvent, sur les réseaux sociaux et dans les journaux, on parle beaucoup de ceux qui sont intimidées, mais on ne cherche pas le problème de ceux qui intimident», croit-il.

Il témoigne aujourd’hui avoir aidé des jeunes avec des problèmes d’agressivité à la boxe ou au hockey.  Une relation qui apporte autant d’aide à l’entraîneur qu’aux jeunes témoigne-t-il. «Les jeunes qui ont de problème de comportement que j’ai réussi à aider, avec le cheminement et le changement de vie que j’ai fait, c’est ça ma paie.»

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